Le prêcheur islamiste est en détention dans l'attente de son renvoi (Photo d'illustration:Tiago Pinheiro/Flickr/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-ND 2.0</a>)
Suisse
Le prêcheur islamiste est en détention dans l'attente de son renvoi (Photo d'illustration:Tiago Pinheiro/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0)

Winterthour: le prêcheur de haine est toujours en Suisse

28.12.2017 par Raphaël Zbinden

L’Ethiopien de Winterthour condamné à être expulsé de Suisse après un prêche haineux dans une mosquée de la ville est toujours dans le pays. Des obstacles juridiques empêchent son expulsion de force.

Le musulman âgé de 25 ans avait réalisé en 2016 un prêche de 30 minutes à la mosquée An-Nour de Winterthour. Il avait choisi de citer des versets du Coran et un hadîth (parole du prophète Mahomet) appelant à tuer et à brûler les musulmans non pratiquants. Suite à cela, il avait été condamné fin novembre 2017 à 18 mois de prison avec sursis et à une interdiction du territoire suisse pour une durée de 10 ans.

L’Ethiopie refuse ses ressortissants expulsés

Mais l’Ethiopien a fait appel du verdict, rapporte le 28 décembre 2017 le quotidien alémanique Neue Zürcher Zeitung (NZZ). Les autorités le considérant comme un danger potentiel pour la sécurité publique et sa demande d’asile ayant été rejetée, l’expulsion du prédicateur est réalisable du point de vue juridique. Il ne peut cependant pas être expulsé de force. Le principal obstacle concerne l’absence d’accord de réadmission entre l’Ethiopie et la Suisse. Le pays d’Afrique orientale n’accepte en effet pas ses citoyens expulsés de force.

L’islamiste refusant de rentrer dans son pays d’origine, il est actuellement en détention dans la prison de l’aéroport de Kloten, en attente de la mise en œuvre de son expulsion. Cette mesure est limitée à 18 mois. Pendant ce temps, l’homme est sous la responsabilité de l’Office zurichois de la migration.

Mise sous pression en vue

“Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’il quitte la Suisse le plus rapidement possible”, déclare Mario Fehr, en charge de la sécurité publique dans le canton de Zurich, au journal Tages Anzeiger. Les autorités disposent d’après lui de divers moyens pour persuader les demandeurs d’asile déboutés de rentrer chez eux. Le plus efficace serait la détention, qui peut être appliquée dans l’attente du renvoi. Et une fois le délai de détention passé, l’obligation de déclaration et des mesures sévères de restriction de liberté de déplacement peuvent aussi être utilisées pour faire pression sur l’individu. Mario Fehr a reçu le feu vert de la justice pour appliquer ces sanctions.

Le conseiller national socialiste estime en général que la Suisse devrait prendre des mesures contre les Etats qui n’acceptent pas leurs ressortissants expulsés. (cath.ch/nzz/ta/rz)


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