Italie: Le pape dénonce une atmosphère «polluée» et dominée par les intérêts économiques
Serra San Bruno, 9 octobre 2011 (Apic) Célébrant les vêpres dans la soirée de dimanche 9 octobre 2011 à la chartreuse de Serra San Bruno, en Calabre, au Sud de l’Italie, Benoît XVI s’est penché sur la «mutation anthropologique» actuelle. Il a ainsi relevé l’incapacité de certaines personnes à vivre longuement dans le silence et la solitude, parce qu’elles sont devenues dépendantes du progrès technique et de la «virtualité».
Peu auparavant, prenant la parole devant les habitants de Serra San Bruno, le pape avait déploré que l’atmosphère que l’on respire dans nos sociétés soit «polluée par une mentalité qui n’est pas chrétienne, pas même humaine, parce qu’elle est dominée par les intérêts économiques».
Le progrès technique, a constaté le pape dans l’homélie qu’il prononçait dans la chapelle du monastère, notamment dans le domaine des transports et dans celui des communications, a rendu la vie de l’homme plus confortable, «mais aussi plus agitée et parfois convulsive».
En outre, le pape a souligné qu’au cours des dernières décennies, le développement des médias a répandu et amplifié un phénomène que l’on pouvait déjà entrevoir dans les années soixante: «la virtualité qui risque de l’emporter sur la réalité».
Les plus jeunes, qui sont déjà nés dans cette situation, semblent vouloir remplir de musique et d’images chaque moment vide, un peu comme s’ils avaient peur de ressentir, justement, ce vide, a ajouté Benoît XVI. Conscient que cette tendance a toujours existé, particulièrement chez les jeunes et dans les univers urbains les plus développés, le pape a toutefois estimé qu’elle avait atteint aujourd’hui «un niveau tel que l’on en vient à parler de mutation anthropologique». Et de lancer ce constat lapidaire: «il y a des gens qui ne sont plus capables de vivre longuement dans le silence et la solitude».
Aux yeux de Benoît XVI, cette situation socioculturelle montre que la chartreuse est un don précieux pour l’Eglise et pour le monde, «un don qui contient un message profond pour notre vie et pour l’humanité entière». «Je pourrais le résumer de la façon suivante, a alors affirmé le pape: en se retirant dans le silence et dans la solitude, l’homme ›s’expose’, pour ainsi dire, au réel dans sa nudité, il s’expose à ce ›vide’ apparent que j’évoquais tout à l’heure, pour expérimenter, au contraire, la plénitude, la présence de Dieu».
Peu avant de visiter la chartreuse, Benoît XVI a rencontré la population de la ville de Serra San Bruno, rassemblée sur la place qui fait face à ce monastère dont les origines remontent au 11e siècle. Là aussi, il s’est exprimé sur le rôle des monastères à l’heure actuelle. «Si au Moyen Age ils ont été des centres d’assainissement des zones marécageuses, a affirmé le pape, aujourd’hui ils servent à ’assainir’ l’environnement dans un autre sens».
Filant la métaphore, Benoît XVI a fait remarquer que parfois, en effet, l’atmosphère que l’on respire dans nos sociétés n’est pas salubre, «elle est polluée par une mentalité qui n’est pas chrétienne, pas même humaine, parce qu’elle est dominée par les intérêts économiques, préoccupée uniquement des choses terrestres et dépourvue d’une dimension spirituelle».
Dans cette atmosphère, a constaté Benoît XVI, on marginalise non seulement Dieu mais aussi le prochain et l’on ne s’engage pas en faveur du bien commun. Le monastère, au contraire, a-t-il poursuivi, est le modèle d’une société centrée sur Dieu et sur la relation fraternelle. «Nous en avons grand besoin de nos jours aussi». (apic/imedia/cp/be)
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