«Acte barbare perpétré par les autorités saoudiennes»

Bangladesh: Protestations après la décapitation de huit personnes en Arabie saoudite

Dacca, 11 octobre 2011 (Apic) De nombreuses voix se sont élevées à Dacca au Bangladesh pour protester contre la décapitation de huit Bangladeshis en Arabie Saoudite. Le responsable de la Commission « Justice et Paix » de l’Eglise catholique locale ainsi que des défenseurs des droits de l’homme ont dénoncé un acte contraire à « la dignité humaine », annonce l’agence de presse catholique Eglises d’Asie le 11 octobre 2011.

Reconnus coupables par un tribunal saoudien de vol et de meurtre sur la personne d’un garde de sécurité de nationalité égyptienne, un crime commis en 2007, les huit hommes ont été exécutés en place publique à Riyad le 7 octobre dernier, jour de prière pour les musulmans et jour où, traditionnellement, ces exécutions capitales ont lieu. Les autorités saoudiennes n’ont averti les autorités consulaires bangladaises qu’une fois les exécutions effectuées et elles n’ont pas autorisé le rapatriement des corps; ceux-ci ont été enterrés le 8 octobre au Cimetière central de Riyad.

Mgr Gervas Rozario, évêque de Rajshahi et président de la Commission épiscopale nationale « Justice et Paix », a qualifié les exécutions d’ »actes barbares perpétrés par les autorités saoudiennes ». « En aucune manière, les peuples dans le monde moderne et civilisé ne peuvent accepter la décapitation de huit personnes. Il s’agit d’une violation flagrante des droits de l’Homme et de la dignité de la personne humaine », a-t-il déclaré. Le prélat a ajouté que les Bangladeshis en Arabie saoudite souffraient de discriminations que les ressortissants issus des pays européens ou nord-américains n’enduraient pas. « Ils [les Saoudiens] appellent à leur service des travailleurs originaires des pays pauvres et les traitent comme des mendiants, sans daigner les payer décemment. C’est la raison pour laquelle certains de ces immigrés commettent des crimes pour survivre. S’ils sont accusés de crime, ils risquent la peine de mort. Dans des affaires similaires, si les coupables sont porteurs de passeports de pays du monde développé, les autorités saoudiennes ne prononcent pas de peines aussi lourdes », a-t-il expliqué.

Impartialité de la justice mise en doute

Au sein de la société civile bangladaise, les critiques envers le royaume saoudien ont été vives. Faustina Pereira est directrice des affaires juridiques et du bureau des droits de l’Homme de « Bangladesh Rural Advancement Committee » (BRAC), l’une des plus importantes ONG du pays. Elle a qualifié les exécutions de « violation massive des droits de l’homme » et elle a mis en doute l’impartialité du travail des juges saoudiens et de la procédure judiciaire en Arabie saoudite. Elle a également ajouté que le gouvernement de Dacca n’avait pas tout entrepris pour tenter de sauver les huit Bangladeshis.

« Le gouvernement a été particulièrement décevant dans cette affaire. Pourquoi n’a-t-il pas organisé des pétitions géantes afin de présenter des millions de signatures au roi d’Arabie saoudite et obtenir sa clémence pour les condamnés ? Pourquoi n’a-t-il pas suscité de manifestations de masse ? Pourquoi n’apprenons-nous la nouvelle des exécutions qu’après qu’elles ont eu lieu ? Le gouvernement doit répondre et ne pas fuir ses responsabilités », a-t-elle plaidé, ajoutant que les Bangladeshis avaient le droit de savoir ce qui avait été entrepris pour tenter de sauver les huit exécutés et ce qui sera fait pour sauver cinq autres compatriotes eux aussi condamnés à mort. Des informations récentes font en effet état de la condamnation à la peine capitale de cinq Bangladeshis par un tribunal saoudien. Accusés d’avoir assassiné trois de leurs compatriotes, quatre d’entre eux sont derrière les barreaux, le cinquième étant en fuite. (apic/eda/js)

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