Les bombes ne résolvent aucun problème
Tripoli, 25 octobre 2011 (Apic) Mgr Giovanni Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli, a violemment critiqué l’action de l’OTAN en Libye. «Comment se peut-il que des pays occidentaux civilisés doivent recourir à la violence des armes pour faire tomber un dictateur?», a-t-il demandé, faisant référence aux innombrables victimes civiles. A coups de bombes, on ne peut résoudre aucun problème. «Les bombardements incessants étaient horribles», a affirmé le prélat dans une interview publiée le 25 octobre 2011 dans le journal «Die Welt».
L’évêque est convaincu que la Libye n’est actuellement menacée par aucune nouvelle dictature. «Maintenant, avec cette euphorie, c’est impossible». Mgr Martinelli montre indirectement de la compréhension pour l’assassinat de Kadhafi. «Ce qui a été fait est contre le code de conduite. Mais les jeunes combattants étaient furieux», a-t-il déclaré en référence à la brutalité de la guerre. Il refuse aussi bien de les juger que de les excuser.
A propos des chrétiens libyens, le franciscain de 69 ans remarque que l’Eglise ne pouvait pas se plaindre de Kadhafi. «Il a respecté notre religion, nous a tout donné et permis ce que nous voulions», a souligné l’évêque. Et actuellement, les chrétiens sont encore pleinement acceptés et respectés. Avant la guerre, il y avait d’après les estimations de Mgr Martinelli plus de 100’000 chrétiens en Libye, la plupart originaires des Philippines, d’Afrique subsaharienne ou de Pologne. «Ils reviennent lentement maintenant», a indiqué le prélat.
D’après le religieux, Kadhafi avait essayé d’imposer les concepts de son livre vert à la Libye. «C’était un démagogue qui pensait être un prophète et que Dieu avait inspiré le livre vert». Sa grande passion était le pouvoir. Pour Mgr Martinelli, le dictateur était un homme d’Etat mégalomane et paranoïaque. (apic/kna/am/amc)
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