Rome: Eradiquer les meurtres d’enfants dans les pratiques de sorcellerie

Message du pape Benoît XVI aux évêques d’Angola

Rome, 30 octobre 2011 (Apic) Devant les évêques d’Angola, Benoît XVI a dénoncé la « calamité » que représentent dans ce pays « la marginalisation et même le meurtre d’enfants et de personnes âgées, qui y sont condamnés par de faux impératifs de sorcellerie ».
Le pape recevait ces prélats africains dans la Salle du consistoire, au Vatican, à l’occasion de leur visite Ad Limina, le 29 octobre 2011, 3 semaines avant le voyage qu’il accomplira au Bénin.

Un des principaux écueils pour l’évangélisation, a noté le pape, vient du fait que « le cœur des baptisés »est « encore partagé entre le christianisme et les religions traditionnelles africaines », si bien que face aux problèmes de la vie, ils n’hésitent pas à recourir à des pratiques incompatibles avec le fait de suivre le Christ. « Cela a comme effet abominable la marginalisation et même le meurtre d’enfants et de personnes âgées, qui y sont condamnés par de faux impératifs de sorcellerie », a condamné Benoît XVI.

« Puisqu’il s’agit d’un problème régional, un effort commun des communautés ecclésiales frappées par cette calamité est opportun, a souligné Benoît XVI, afin de définir la signification profonde de telles pratiques, d’identifier les risques pastoraux et sociaux qu’elles véhiculent et de parvenir à une méthode qui permette son éradication définitive, avec la collaboration des gouvernements et de la société civile ».

Tribalisme, sorcellerie et concubinage visés par BenoîtXVI

En Angola, la plus grande partie de la population est chrétienne (94 %) et un peu plus de la moitié de la population est catholique (55 %). A l’intérieur du pays, on trouve cependant toujours des membres de la population rurale adeptes des pratiques traditionnelles des religions indigènes. Lors de son voyage en Angola, en mars 2009, le pape avait déjà mis en évidence l’obstacle à l’évangélisation que constitue la pratique de la sorcellerie. Les Lineamenta pour le Synode pour l’Afrique d’octobre 2009, publiés en juin 2006, avaient déjà évoqué le « drame des enfants sorciers ».

Devant près d’une trentaine d’évêques angolais, dans son intervention en portugais, le souverain pontife a aussi souhaité « parler des restes de tribalisme ethnique perceptibles dans les attitudes de communautés qui tendent à se refermer sur elles-mêmes, en n’acceptant pas les gens qui sont originaires d’autres parties du pays ». Il s’est alors félicité du fait que certains évêques angolais « aient accepté une mission pastorale hors des limites de leur propre groupe régional et linguistique », avant de rappeler que « dans l’Eglise en tant que nouvelle famille de tous ceux qui croient en Jésus-Christ, il n’y a de place pour aucune sorte de division ».

Benoît XVI a enfin mentionné un 3e écueil, « l’amigamento » (concubinage), qui contredit le plan de Dieu pour la procréation et la famille humaine. « Le petit nombre de mariages catholiques, dans vos communautés, indique une hypothèque qui pèse sur la famille, dont nous connaissons la valeur irremplaçable pour la stabilité de l’édifice social », a noté le pape. (apic/imedia/cp/js)

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