Rome: Benoît XVI appelle à mettre un terme à la prostitution féminine et à la pornographie

Réception du nouvel ambassadeur d’Allemagne au Vatican

Rome, 7 novembre 2011 (Apic) Benoît XVI a appelé lundi 7 novembre à mettre un terme à la prostitution féminine et à la pornographie. «Le moment est venu de faire cesser énergiquement la prostitution féminine ainsi que la diffusion de matériel au contenu érotique et pornographique», a jugé Benoît XVI en recevant le nouvel ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne auprès du Saint-Siège.

Dans le texte qu’il a remis au nouvel ambassadeur Reinhard Schweppe, venu lui présenter ses lettres de créance, le pape a souligné le devoir qu’avait l’Eglise d’intervenir dans des questions fondamentales qui concernent la dignité de l’homme, «comme c’est le cas aujourd’hui dans de nombreux domaines de l’existence prénatale de l’homme».

Internet dans le collimateur

Benoît XVI a ainsi évoqué un aspect critique qui, par le biais de tendances matérialistes et hédonistes, semble se frayer un espace principalement dans les pays du monde occidental, à savoir «la discrimination envers les femmes». «Chaque personne, homme ou femme, est destinée à être pour l’autre», a rappelé le pape à Reinhard Schweppe avant de prévenir: «une relation qui ne tiendrait pas compte du fait que l’homme et la femme ont la même dignité représente un grave manquement à l’égard de l’humanité». Benoît XVI a demandé que l’on mette un terme de façon énergique à la prostitution ainsi qu’à la diffusion de matériel au contenu érotique et pornographique, «par internet aussi et surtout». Le pape a assuré que le Saint-Siège s’engagerait «pour que l’intervention nécessaire de la part de l’Eglise catholique en Allemagne contre ce genre d’abus se fasse de façon plus claire et décidée».

Dignité menacée

Par ailleurs, prenant appui sur la visite qu’il a effectuée en septembre 2011 dans son pays natal, le pape a proposé une longue réflexion sur le service que l’Eglise et le Saint-Siège peuvent rendre dans une société pluraliste comme celle de l’Allemagne. Benoît XVI a souligné que l’Eglise avait le devoir, «au-delà du domaine de sa foi», de défendre dans la société les valeurs où la dignité de l’homme est menacée.

Le pape a alors voulu évoquer un sujet particulièrement important, à savoir le respect de toutes les étapes de la vie humaine: «ce n’est pas à nous de juger (…) si un individu est ›déjà homme’ ou ›encore homme’, et c’est encore moins à nous d’avoir le droit de manipuler l’homme et – pour ainsi dire – de vouloir faire l’homme».

Le souverain pontife a poursuivi par une seconde mise en garde: si la société décidait de sélectionner ses membres ayant le plus besoin de soins, d’empêcher les personnes d’être des personnes, elle se comporterait de façon profondément inhumaine et perdrait en crédibilité face à l’égalité de la dignité de toutes les personnes à chaque stade de la vie.

Selon Benoît XVI, si le Saint-Siège intervient lorsque des lois sont en élaboration sur des questions fondamentales qui concernent la dignité de l’homme, «comme c’est le cas aujourd’hui dans de nombreux domaines de l’existence prénatale», il le fait non pas pour imposer indirectement sa foi aux autres, «mais pour défendre des valeurs qui sont fondamentalement évidentes à tous».

Doctrine sociale

Le nouvel ambassadeur allemand, dans son message au pape, a entre autres souligné que sa visite au Vatican intervenait dans un contexte durable de crise économique et financière, en Europe et dans le monde. Le diplomate a alors estimé que l’encyclique sociale de Benoît XVI «Caritas in veritate «était d’une grande importance alors que le Vieux Continent doit relever «de grands défis qui concernent le cœur même de nos sociétés». Reinhard Schweppe a ensuite rappelé que l’économie sociale de marché, qui s’est développée pendant des années en Allemagne, devait beaucoup à la doctrine sociale catholique.

Né le 2 avril 1949, Reinhard Schweppe est entré dans la carrière diplomatique en 1975 après des études de droit et d’économie politique. Il a été ambassadeur d’Allemagne en Pologne de 2003 à 2007, avant d’être représentant permanent auprès du bureau des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève. (apic/imedia/cp/mm/be)

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