Un document en six recommandations et douze principes
Rome, 14 novembre 2011 (Apic) Le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le Conseil œcuménique des Eglises et l’Alliance évangélique mondiale ont publié un document commun, fruit de cinq années de travail. Il propose six « recommandations pour guider le témoignage chrétien dans le monde ».
Le document de cinq pages fournit six recommandations aux Eglises, aux Conseils des Eglises et aux organismes missionnaires, « afin de préparer, là où cela s’avère utile, leurs propres directives sur le témoignage et la mission auprès des membres des différentes religions et auprès de ceux qui ne professent aucune religion particulière ». Récemment mis en ligne sur le site Internet du Vatican, il recommande de:
– Construire des rapports de respect et de confiance avec les personnes de toutes les religions, en particulier au niveau institutionnel entre Eglises et autres communautés religieuses.
– S’engager à « un dialogue interreligieux continu comme faisant partie de leur engagement chrétien ».
– Encourager les chrétiens à approfondir leur connaissance et leur compréhension des différentes religions, en considérant « les perspectives de ceux qui adhérent à ces religions ». Les chrétiens devraient « éviter de mal présenter les croyances et les pratiques des personnes des différentes religions », affirme le document.
– Coopérer avec les autres communautés religieuses, en s’engageant dans le plaidoyer interreligieux en faveur de la justice et du bien commun et en adoptant ensemble « une attitude de solidarité à l’égard des personnes qui sont dans des situations de conflit ».
– En appeler à leurs gouvernements pour s’assurer que la liberté religieuse est correctement et largement respectée.
– Etudier les douze principes présentés dans le document et formuler des indications pour la conduite à suivre concernant le témoignage chrétien.
Parmi les principes à suivre, le plus important concerne « le rejet de la violence ». Les chrétiens sont appelés à « rejeter toutes formes de violence, y compris psychologique ou sociale, et tout abus de pouvoir dans leur témoignage ». Ils doivent rejeter « la discrimination injuste ou la répression par n’importe quelle autorité religieuse ou séculière, y compris la violation ou la destruction des lieux de culte, des symboles sacrés ou des textes ».
Si « les actes de service tels que l’éducation, les soins de santé, le secours et les actes de justice et de plaidoyer » sont encouragés, « l’exploitation des situations de pauvreté et de nécessité n’ont aucune place dans l’horizon chrétien », indique le document. Les chrétiens « devraient dénoncer et s’abstenir d’offrir toutes formes d’artifices, y compris des incitations et des récompenses financières, dans leurs actes de service ».
Dans le même esprit, « la vulnérabilité des personnes et leur besoin de guérison » ne doivent pas être exploités.
Le document indique encore que le témoignage chrétien implique de dénoncer la manipulation « d’une religion quelle qu’elle soit (…) à des fins politiques et la persécution religieuse ». Il invite les chrétiens à « s’engager dans un témoignage prophétique, en dénonçant de telles actions ».
Une autre partie du texte, publié en allemand, anglais, arabe, français, italien et portugais, rappelle que le témoignage chrétien « dans un monde pluraliste inclut l’engagement dans le dialogue avec des personnes de différentes religions et cultures ». Le document exhorte les chrétiens à ne pas « vivre la mission en ayant recours à des méthodes inadéquates, en utilisant la supercherie et des moyens coercitifs ». Ce faisant, « ils trahissent l’Evangile et peuvent causer des souffrances aux autres ». La conversion, est-il rappelé, « est en dernier ressort l’œuvre de l’Esprit Saint ».
La genèse de ce document, réalisé en collaboration par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le Conseil œcuménique des Eglises et l’Alliance évangélique mondiale remonte à 2006, lors de la réunion de représentants de différentes religions à Lariano (Italie), pour évoquer la question de la conversion.
Deux autres consultations, uniquement entre chrétiens, ont eu lieu à Toulouse (France) en 2007 et à Bangkok (Thaïlande) en janvier 2011. Le document a été mis au point lors de cette dernière réunion. (apic/imedia/cp/ggc)
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