Plaidoyer pour la liberté d’expression
Rangoun, 15 novembre 2011 (Apic) Cinq moines bouddhistes ont entamé, le 15 novembre 2011, une manifestation qui doit durer plusieurs jours à Mandalay, dans le centre de la Birmanie. Ils réclament la libération des prisonniers politiques.
Après des discussions avec des responsables du clergé local, ils ont indiqué qu’ils manifesteraient pendant encore trois jours. Ils prononceront chaque jour un discours pour expliquer leurs revendications.
Les cinq hommes ont commencé leur mouvement le 15 novembre à l’aube en s’enfermant dans un bâtiment religieux où ils ont accroché des banderoles en anglais et en birman: «Nous voulons la liberté, libérez tous les prisonniers politiques ou arrêtez la guerre civile», en référence aux combats entre l’armée et des groupes des minorités ethniques.
Ils ont également expliqué plaider pour la liberté d’expression, par haut-parleurs, devant environ 500 personnes.
Une importante amnistie de prisonniers politiques, attendue depuis plusieurs semaines par les chancelleries occidentales, avait été annoncée pour le 14 novembre par des responsables birmans mais n’a finalement pas eu lieu.
Après les premières discussions avec des responsables bouddhistes locaux, les cinq moines se sont déplacés dans l’après-midi dans un monastère non loin de là.
Des centaines de personnes, dont des moines, les ont suivis dans ce nouveau lieu.
Le nombre de personnes s’est petit à petit réduit à environ 300 en raison des craintes pour la sécurité, alors que des dizaines de policiers en civil prenaient des photos et des vidéos de l’assistance, a expliqué un témoin.
Le 12 octobre, 6’300 personnes avaient été libérées, dont environ 200 prisonniers politiques. Le nombre de prisonniers politiques encore derrière les barreaux n’est pas très clair, mais ils sont au moins plusieurs centaines, dont des moines arrêtés après la révolte safran de 2007.
Ce soulèvement, emmené par des bonzes, avait attiré jusqu’à 100’000 personnes dans les rues de Rangoun, constituant le plus sérieux défi aux généraux depuis 1988. Il avait finalement été écrasé par la junte alors au pouvoir, faisant au moins 31 morts.
Les manifestations sont rares en Birmanie. Fin octobre, plusieurs personnes avaient été interpellées à Rangoun lors d’un rassemblement de paysans dont les terres avaient été confisquées.
La junte s’est autodissoute en mars et a transféré son pouvoir à un gouvernement dit civil mais toujours contrôlé par les militaires, qui a multiplié ces derniers mois les gestes d’ouverture. (apic/ag/js)
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