Bethléem: L’Hôpital Caritas, une oasis de paix dans une région tourmentée

Un espoir pour Shihab et sa famille

Bethléem, 23 novembre 2011 (Apic) Cisjordanie, territoire en crise, un petit village à environ une heure de voiture de Bethléem: c’est ici que vit, dans les conditions les plus misérables, la famille de Shihab, âgé tout juste de 14 mois. Son père, Fares (31 ans), doit faire survivre sa famille avec le salaire d’un travailleur journalier à Hébron. Il ne trouve malheureusement pas de place de travail à Jérusalem, où il serait nettement mieux rétribué.

C’est avec ce maigre revenu que son épouse, Ni’mat (30 ans), essaye de s’occuper au mieux de ses sept fils, âgés entre un et dix ans. La famille vit très à l’étroit. Les enfants et les parents dorment sur des matelas, à même le sol. Chaque jour représente une lutte pour survivre. Ce qui pour nous, en Europe, est impensable est ici une triste réalité. L’aîné des fils s’engage dans cette lutte quotidienne. Agé de 10 ans, il récolte des déchets de fer qu’il revend dans les alentours. Naturellement, cela ne rapporte qu’un tout petit montant à la famille, mais c’est toujours ça! Dans un pays situé à quelques heures de vol de la Suisse et dans une région appelée «Terre Sainte» chaque centime compte.

Un dur destin

C’est dans ces conditions précaires que vit le petit Shihab. Comme si cela ne suffisait pas, cet enfant, le plus jeune de la famille, doit faire face à un sort encore plus difficile et, avec lui toute sa famille aussi. Shihab est atteint de CP, Cerebralparese. Un disfonctionnement cérébral qui résulte d’une lésion du cerveau survenue avant, pendant ou juste après sa naissance. Cela signifie des troubles de mobilité qui se manifestent par des paralysies. Des crises d’épilepsie et des handicaps mentaux peuvent aussi apparaître. La maladie est incurable: un diagnostic lourd pour tous les membres de la famille. S’occuper d’un enfant handicapé, jour et nuit, dans un appartement minuscule et humide, demande beaucoup de force. L’eau potable est rare. La maison comprend deux chambres et une petite cuisine sans réfrigérateur, dans ce pays où, en été, les températures très élevées sont quotidiennes. Heureusement que chacune des chambres a une fenêtre, même si les vitres sont brisées.

Pour toute famille, un enfant malade chroniquement demande un grand engagement, en Cisjordanie tout particulièrement. Ni’mat est admirable. Elle s’occupe avec amour de son enfant. Les images de ce pays de louanges semblent absurdes par rapport à la réalité: images de collines douces dans cette région désertique avec ses maisons de pierres. Une région à première vue aride, mais plaisante, souvent aussi ressentie comme orientale et mystique. En réalité, une région en crise où l’instabilité et l’insécurité rendent la population malade, même si ceci n’est pas comparable à la CP du petit Shihab. Pour lui et sa famille, la situation est d’autant plus dure que les institutions sociales et les cabinets pédiatriques de Cisjordanie sont incomparables avec ce que nous connaissons en Europe.

Assistance médicale illimitée

Et pourtant, pour les familles comme celle de Shihab, il y a de l’espoir. A cet endroit, que nous ne connaissons pratiquement que par la quête de Noël, il y a l’hôpital pédiatrique de Bethléem. On le décrit volontiers comme une oasis de paix qui offre refuge aux défavorisés de cette région en crise. Ici, tous les enfants reçoivent des soins médicaux, indépendamment de leur origine et de leur religion. Ces soins sont d’un niveau tel que nous le connaissons en Suisse. Dans ce pays où les enfants vivent dans des conditions très difficiles, le droit à une assistance médicale rapide et de qualité est primordiale.

Au Caritas Baby Hospital, Shihab est soigné gratuitement, car sa famille ne pourrait pas lui offrir la thérapie et les médicaments dont il a besoin. Depuis le mois de janvier, il a déjà dû être hospitalisé à neuf reprises. Il souffre d’une infection aiguë des voies urinaires, accompagnée de poussées de fièvre. Il est alimenté par une sonde nasale. Les médecins pensent qu’il souffre également de calculs rénaux. Sans l’aide du Caritas Baby Hospital, il n’aurait aucune chance de survie. Avec les parents de Shihab, les médecins et le personnel soignant mettent tout en œuvre pour traiter cette maladie et atténuer les douleurs.

Les mères jouent un rôle important

La mère de Shihab peut rester aux côtés de son enfant durant tout son séjour à l’hôpital. Ceci est important pour le processus de guérison et pour le psychisme de toute la famille. Le Caritas Baby Hospital attache une grande importance à la participation des mères. C’est pourquoi, l’agrandissement de l’école pour les mères joue un rôle de poids. Durant le séjour de leurs enfants à l’hôpital, les mères reçoivent une formation en soins, alimentation, hygiène et obtiennent des informations importantes en lien avec les premiers secours et la prévention. 43 mères ont la possibilité d’être hébergées au Caritas Baby Hospital. Une équipe d’assistantes sociales accompagne les familles. Durant le séjour à l’hôpital, ces assistantes tissent des liens avec les enfants et les mères. Leur travail se base sur l’accompagnement dans l’aide à soi-même, et non sur un soutien financier. Ainsi, aucune dépendance n’est créée.

De la joie malgré tout

Bethléem se situe directement à la frontière entre Israël et la Cisjordanie, sur le territoire autonome palestinien. Un haut mur, des tours de contrôle et des militaires armés marquent les images de cette petite ville de 30’000 habitants. Il ne reste que peu du mythe Bethléem ou du Noël idyllique. Pourtant, ou justement pour cela, l’histoire de Shihab est comme un petit conte de Noël. Pratiquement indépendamment de ce qui se passe à l’extérieur de l’hôpital, nous sommes ici dans un autre monde, une sorte d’oasis. Devant l’entrée, sur l’herbe verte et sous les palmiers, certains trouvent le temps de rêver et de se détendre. Des enfants jouent avec leurs mères. L’hôpital possède sa propre pharmacie, des installations pour la préparation de l’eau, de l’alimentation en énergie, la production d’oxygène et surtout, des soins médicaux de haute qualité.

Le sourire s’affiche sur le visage de Shihab et de ses camarades lorsque les clowns sont de passage dans leur service pour leur offrir un peu de joie. Depuis deux ans, l’hôpital a instauré cette forme de thérapie. Tous les quinze jours, deux clowns assurent cette fonction. Ce sont deux collaborateurs qui, à côté de leur travail dans nos différents services, ont reçu une formation spéciale.

Treize médecins et 80 infirmières

L’hôpital pédiatrique de Bethléem est financé par des dons et géré par Secours aux Enfants Bethléem. Les petits patients sont pris en charge par la Dr Hiyam Marzouqua, médecin-cheffe, douze médecins et 80 infirmières, indépendamment de leur origine ou de leur religion. «Nous sommes là», telle est la devise de l’hôpital pédiatrique, situé dans une région aux conditions politiques et géographiques difficiles.

Encadré:

Service des soins intensifs pour les enfants et néonatologie

De plus en plus d’enfants arrivent au Caritas Baby Hospital avec de graves septicémies, des malformations cardiaques, du diabète ou des maladies pulmonaires et du métabolisme. Souvent, seuls les soins intensifs peuvent leur venir en aide. «Par le passé, nous ne disposions pas des équipements spéciaux et nos médecins et infirmières n’avaient pas cette formation spécialisée», explique Michael Schweiger, Président de Secours aux Enfants Bethléem. Grâce à des dons, cette lacune a pu être comblée.

Poids insuffisant à la naissance, septicémie, jaunisse et problèmes de croissance sont les causes les plus fréquentes des traitements à l’hôpital pédiatrique de Bethléem. L’année dernière, grâce aux travaux d’agrandissement, plus de 880 nouveau-nés ont été soignés dans ce service.

Service social

Le Caritas Baby Hospital n’offre pas que des soins médicaux. Après une hospitalisation, les assistantes sociales sont à disposition des enfants et des familles qui vivent dans des conditions difficiles. Elles accompagnent les médecins lors des visites, afin de gagner la confiance des mères et des enfants. C’est consciemment que le travail de notre service social est basé sur l’accompagnement dans l’aide à soi-même, au lieu d’attribuer des soutiens financiers. Ceci ne génère aucune dépendance. Ce n’est que grâce à des dons que Secours aux Enfants Bethléem peut remplir sa mission et sauver des vies d’enfants.

Traitements ambulatoires

A Bethléem, durant ces dernières années, les traitements ambulatoires ont pris de l’importance. Pour de nombreux parents, il s’agit de la seule chance pour que leurs enfants soient examinés par un médecin, du fait qu’ils ne peuvent pas s’offrir une visite chez un médecin privé, même si les frais de traitement sont très bas. C’est pour cette raison, mais aussi parce que, aujourd’hui, de nombreuses maladies d’enfants peuvent être soignées ambulatoirement, que le service des soins ambulatoires a été élargi. Durant la première année de service, 26’500 enfants y ont été soignés.

Quelque 16’000 visiteurs en 2010

L’année dernière, quelques 16’000 personnes, provenant de différents pays, nous ont rendu visite. La plupart d’entre eux venaient d’Allemagne, d’Italie, d’Autriche et de Suisse. Les portes de l’hôpital sont ouvertes, aussi bien pour les groupes que pour les voyageurs individuels.

Note: des dons peuvent être adressés à Secours aux Enfants Bethléem,

PC 60-20004-7

IBAN CH17 0900 0000 6002 0004 7

Informations sur le site internet www.enfants-bethleem.ch

(apic/pmp/bb)

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