La militante assistera au centième anniversaire de la cathédrale de Rangoun
Rome, 5 décembre 2011 (Apic) Le cardinal Renato Raffaele Martino, chargé par Benoît XVI de le représenter lors des célébrations marquant le centenaire de la cathédrale de Rangoun en Birmanie, rencontrera le leader de l’opposition, Aung San Suu Kyi, le 8 décembre 2011, indique l’agence I.Media.
Le 8 décembre, Aung San Suu Kyi assistera à la messe célébrée par le cardinal Martino dans la cathédrale de Rangoun. Le corps diplomatique présent en Birmanie a également été invité à participer à l’événement, qui marquera le centenaire de l’édifice religieux et rassemblera l’épiscopat, ainsi que l’ensemble des communautés religieuses du pays, qui compte 1% de catholiques.
Au début de la messe, le cardinal Martino lira un message de Benoît XVI avant que le ministre des Affaires religieuses de la junte birmane ne prenne à son tour la parole. Si Aung San Suu Ky, de religion bouddhiste, assistera à tout l’office religieux, le ministre en charge des Affaires religieuses quittera les lieux dès la fin de l’homélie, avant la liturgie eucharistique.
Après la cérémonie, l’envoyé du pape, ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix, déjeunera à l’archevêché avec les évêques birmans, des prêtres et les «invités spéciaux». Il n’est pas impossible qu’Aung San Suu Kyi participe à ce repas.
Dans une lettre en latin faisant du cardinal Martino son envoyé spécial à Rangoun, Benoît XVI a demandé au prélat de transmettre «des paroles de bienveillance» aux autorités civiles et religieuses, ainsi qu’à «tous ceux qui ont le souci de la mission de l’Eglise, de la notion de liberté religieuse et qui considèrent avec sérieux le bien de la personne humaine».
Icône de la lutte pour la démocratie, Aung San Suu Kyi a recouvré la liberté le 13 novembre 2010 après avoir passé 15 années en prison ou assignée à résidence. Elle s’était vu attribuer le prix Nobel de la paix en 1991.
Aung San Suu Kyi a fait toute sa carrière politique sous la bannière de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Elle s’est lancée en 1988 lors d’un discours prononcé à Rangoun, avant de fonder la LND, mais ne s’est jamais présentée à une élection. Elle était déjà en résidence surveillée en 1990 lorsque le parti a remporté haut la main le scrutin sans jamais être autorisé à exercer le pouvoir. En 2010, elle était toujours privée de liberté lors des élections, qu’elle a boycottées. Elle pourrait désormais briguer un siège au Parlement lors d’une prochaine élection législative partielle.
Le 2 décembre dernier, en visite en Birmanie, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton s’est entretenue avec Aung San Suu Kyi. (apic/imedia/ami/amc)
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