En bonne santé, physique et psychique
Amman, 6 décembre 2011 (Apic) En Syrie, par mesure de sécurité, les téléphones portables étaient éteints. Mais maintenant, les quatre pèlerins suisses en route pour Jérusalem sont arrivés dans la capitale jordanienne, où ils se reposent. Le 24 décembre 2011, ils veulent être dans la ville sainte.
«Nous sommes reconnaissants d’avoir pu faire notre pèlerinage à travers la Syrie», déclare le jésuite Christian Rutishauser à l’agence Apic, le 6 décembre. Après coup, traverser le pays ébranlé par la crise peut être considéré comme une bonne décision, même si cette période a été difficile. «Nous allons très bien, physiquement et psychiquement», indique le prêtre qui parle au nom du groupe de pèlerins.
Après un passage sans difficulté de la frontière syrienne, les marcheurs ont vécu trois jours relativement calmes. Mais dès le début, ils ont dû s’habituer aux contrôles de la police et des services secrets. «Bien que nous pensions que l’Etat connaît notre objectif, nous ne devions pas dire que nous faisons un pèlerinage vers Jérusalem. La Syrie est officiellement encore en état de guerre avec Israël. Tout contact est interdit», peut-on lire sur le blog des pèlerins.
Les Suisses ont immédiatement ressenti les tensions qui traversent le pays. Ils ont été à plusieurs reprises menacés. La surveillance de la police et des services secrets qui ne les ont «littéralement pas lâchés d’une semelle» représentait aussi une protection. Tout contact avec la population a été empêché, «même si nous avons été salués chaleureusement et invités à prendre le thé».
Les pèlerins ont pris un jour de repos dans le cloître syrien Mar Musa, dirigé par un jésuite. Les jours suivants, ils ont poursuivi leur voyage vers Damas de cloître en cloître. Afin d’atteindre la capitale, ils ont utilisé un bus, la banlieue apparaissant comme trop dangereuse à pied. Pour le reste du voyage, jusqu’à la frontière jordanienne, ils se sont déplacés en taxi, toujours pour des raisons de sécurité. Le passage de la frontière syro-jordanienne s’est fait sans problème.
D’après Christian Rutishauser, la société jordanienne est marquée par la culture arabo-musulmane, même si le sécularisme fait son entrée. «Nous savons que certaines manifestations, dont nous entendons parler ici, sont motivées par l’islamisme». A Amman, il a «pas mal d’églises» en bon état. Les pèlerins vont à la messe en anglais, chez les jésuites. «C’est une oasis où se retrouvent beaucoup de religieux occidentaux».
Le groupe de pèlerins est accueilli «chaleureusement et avec respect» par la population locale. Les musulmans comparent souvent l’expérience des quatre Suisses au hajj à La Mecque et «nous expliquons alors les différences». Le voyage à La Mecque ne se fait pas à pied, car le hajj, c’est surtout accomplir les rituels dans la ville sainte. Le voyage qui y mène a dès lors moins de signification. Les personnes distancées de la religion évitent une discussion profonde, remarque le prêtre.
Comme les quatre pèlerins ont utilisé à plusieurs reprises le taxi et le bus, ils ont de l’avance sur leur programme. Ils ont donc le temps de préparer leur arrivée à Jérusalem, puis à Bethlehem. Le pèlerinage, qui a commencé le 2 juin 2011 au centre de formation jésuite Lassalle-Haus d’Edlibach, va se terminer en Israël sur une conférence de paix, réunissant des représentants des traditions juives, chrétiennes et musulmanes.
Le pèlerinage comme la conférence représentent des défis pour les quatre marcheurs. «Nous comprenons la signification de la Jérusalem terrestre et céleste à partir de l’Ecriture sainte, de la littérature des Pères de l’Eglise ainsi que d’anciens rapports de pèlerinage.»
Au seuil de la Terre promise, les pèlerins peuvent jeter un premier regard en arrière «et replacer le pèlerinage dans le contexte de leur biographie». En Jordanie, ils font l’expérience d’un temps de l’Avent sans décorations. Pour toute conduite, ils ont «les textes liturgiques de l’Avent et l’expérience du pèlerinage, qui nous permet de vivre la venue du Christ». (apic/gs/amc)
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