Cuba: La visite du pape pourrait favoriser la libération des prisonniers politiques
Rome, 13 décembre 2011 (Apic) Au lendemain de l’annonce par Benoît XVI de son voyage à Cuba, début 2012, le cardinal Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga a souhaité que l’île communiste fasse à cette occasion un « grand geste d’ouverture ». Le prélat hondurien a ainsi estimé mardi 13 décembre 2011 que La Havane pourrait libérer les derniers prisonniers politiques.
Intervenant devant quelques journalistes mardi à Rome, le président de l’organisation vaticane « Caritas Internationalis » a également évoqué l’autre étape de ce déplacement, le Mexique. Il a souhaité que le pape puisse lors de son voyage « secouer la conscience » de ce pays marqué par la violence.
Le voyage de Benoît XVI à Cuba, a expliqué le cardinal Rodriguez Maradiaga à la presse, est « un signe d’espérance et peut être un moment important afin que l’île continue à aller de l’avant, vers ce que Jean Paul II y avait souhaité en 1998: que Cuba s’ouvre au monde et que le monde s’ouvre à Cuba ».
« Je crois que le monde s’est ouvert à Cuba et, à certains égards, Cuba s’est déjà ouverte au monde », a poursuivi l’archevêque de Tegucigalpa, au Honduras. Il a souligné qu’un grand geste d’ouverture serait de libérer les prisonniers politiques, « dont certains sont derrière les barreaux depuis longtemps ». Il s’agirait, a-t-il encore confié, d’un geste de bonne volonté, d’humanité et d’amour, mais aussi d’un « beau résultat de la visite du pape ».
La visite de Jean Paul II sur l’île, en janvier 1998, avait conduit à la libération de près de 300 prisonniers politiques. En avril 2003, le Saint-Siège avait demandé un nouveau geste de clémence en faveur des dissidents politiques emprisonnés. Une demande formulée à nouveau 10 ans après le déplacement historique de Jean Paul II à Cuba. En février 2008, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, avait été reçu par Raul Castro, le nouveau président cubain.
En mai 2010, l’Eglise cubaine, à l’initiative de l’archevêque de La Havane, le cardinal Jaime Lucas Ortega y Alamino, a ouvert des négociations avec le président cubain. Celles-ci ont mené à la libération et à l’exil de plusieurs prisonniers. D’autres – une cinquantaine environ – demeurent cependant encore derrières les barreaux.
Devant la presse, le 13 décembre, le cardinal Rodriguez Maradiaga a précisé que Benoît XVI était bien informé de la situation politique sur l’île, en particulier par l’épiscopat local, par le nonce apostolique à La Havane et, surtout, par l’ancien « ambassadeur du pape », Mgr Giovanni Angelo Becciu, depuis peu substitut de la Secrétairerie d’Etat du Vatican.
Le cardinal hondurien a également évoqué l’autre étape du voyage que Benoît XVI fera en mars 2012, à savoir le Mexique. « Je suis content, a-t-il confié à l’agence I.MEDIA, que le pape ait choisi d’aller au Mexique où la situation de violence est terrible, où nombreux sont ceux qui meurent à cause de la drogue ».
« Ce voyage, a encore assuré le cardinal, peut secouer la conscience du pays et faire comprendre au peuple mexicain qu’il a la foi et ne peut pas se détruire ainsi ». (apic/imedia/ami/be)
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