Nigeria: Pas une guerre de religion mais une féroce persécution

Le dialogue comme antidote au terrorisme

Abuja, 9 janvier 2012 (Apic) Les violences qui endeuillent la communauté chrétienne au Nigeria ne sont pas une guerre de religion, mais répondent à des intérêts visant à la désintégration de la fédération, a déclaré le cardinal Anthony Olobunmi Okogie, archevêque de Lagos.

Dans une interview publiée sur le site internet ’Vatican Insider’ le 8 janvier 2012, le prélat dénonce la pression suscitée par les intérêts économiques, à cause des ressources pétrolières. «C’est une escalade tragique… Je n’ai pas de preuves que les terroristes de Boko Haram reçoivent un soutien de l’étranger, mais il est évident que leur menace a pris de l’ampleur par rapport au passé».

Ces propos, repris par l’AFP, répondent aux déclarations du président Goodluck Jonathan qui a dénoncé, le 8 janvier, des complicités au sein des forces de sécurité et dans l’armée avec la secte Boko Haram.

«Le dialogue est l’antidote au venin du terrorisme. Nous ne répondrons pas à la violence par la violence» a promis le cardinal. A ses yeux, seul l’arrêt et la condamnation rapide des responsables des attentats, dont la majorité sont revendiqués par la secte, permettra au gouvernement de regagner la confiance de la population.

Un rappel de la guerre du Biafra

Les attaques actuelles contre les chrétiens rappellent la guerre civile de la fin des années 60. «La guerre du Biafra avait des racines ethnique et politique. Les attentats de la secte Boko Haram impliquent des dimensions ethnique, sociale, politique, religieuse et même criminelle. C’est pourquoi la situation actuelle est plus dangereuse que lors de la guerre du Biafra», a commenté Mgr Ignatius Ayau Kaigama, archevêque de Jos, à l’agence missionnaire ’Fides’ le 8 janvier.

Les récents attentats contre les chrétiens du Nord provoquent leur fuite. «Pour le moment, il ne me semble pas qu’il y ait un mouvement massif de chrétiens du Nord à part dans les zones où différentes personnes ont été tuées». Là, les chrétiens «connaissent une angoisse profonde et s’organisent pour retourner dans leurs zones d’origine», a affirmé le prélat. Par contre, l’exode des musulmans qui vivent dans le Sud préoccupe Mgr Kaigama. Ces derniers «se préparent à retourner dans le Nord du pays». (apic/afp/fides/lm/ggc)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/le-dialogue-comme-antidote-au-terrorisme/