Vers un nouveau modèle économique, solidaire et responsable en Europe
Bruxelles, 11 janvier 2012 (Apic) Les évêques de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) proposent de faire évoluer le Marché commun selon le concept d’une économie sociale de marché. Ils voient l’Union européenne comme une communauté de solidarité et de responsabilité viable.
Dans leur déclaration – présentée par le cardinal Reinhard Marx, vice président, le 12 janvier 2012 à Bruxelles –, les évêques de la COMECE défendent le concept d’»économie sociale de marché hautement compétitive». Ce dernier fait partie des objectifs de l’Union européenne depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, rapporte un communiqué du 10 janvier.
Surtout utilisée dans les pays germanophones, l’économie sociale de marché implique «une grande liberté du marché, associée aux instruments d’une économie compétitive, ainsi que le principe de solidarité et les mécanismes de l’équité sociale, c’est à dire une protection sociale large assurée par l’État».
La déclaration des évêques souligne l’importance du ’Don’ dans l’économie sociale de marché: «les institutions correspondant à cette forme libre de solidarité – sociétés mutuelles, coopératives et organes municipaux – et d’autres formes de l’économie sociale et de l’investissement éthique, requièrent une attention particulière en vue de l’élaboration d’une économie sociale de marché européenne».
La déclaration rappelle le rôle positif de la ’Concurrence’: «Les monopoles, cartels, ententes sur les prix et la distorsion de concurrence par abus de pouvoir économique ou d’aides publiques doivent être activement combattus et empêchés par le législateur et l’exécutif de l’Union Européenne». Les évêques condamnent une économie tournée uniquement vers le profit. Elle «menace d’éclipser les dimensions sociale et écologique de la qualité de vie, qui souvent ne peuvent être directement exprimées en termes monétaires, et de transférer les coûts de l’activité économique sur d’autres personnes, en particulier sur les générations futures». Selon eux, «l’autorité publique a le devoir de garantir la fourniture des biens essentiels et des services d’intérêt général». Les évêques appellent l’UE à adopter «une réglementation adéquate dans le Marché commun européen des services d’intérêt général, et des services sociaux en particulier». Enfin, ils invitent à une consommation responsable, rappelant que les consommateurs, «par leurs habitudes de consommation, déterminent en grande partie la vie économique en Europe et dans le monde. Toute décision économique a une conséquence morale». Ils appellent donc à «un effort culturel déterminé pour permettre aux citoyens une consommation responsable».
Il faut repenser la répartition des compétences entre l’Union et ses États membres en matière de politique sociale, estime les évêques. «Dans l’économie sociale de marché européenne, le marché doit être complété par des prestations sociales de façon à ce qu’une vie dans le respect de leur dignité humaine puisse être garantie à tous les citoyens et citoyennes. Cette préoccupation ne peut plus être seulement celle des États, mais doit devenir aussi celle de l’Union»
Au sujet des partenaires sociaux, les évêques invitent «les institutions de l’Union à créer les conditions pour qu’en ce temps de crise et d’adaptation, le dialogue social entre les partenaires européens puisse jouer le rôle qui lui revient au regard du cadre législatif européen». La récente adoption du Pacte «Euro plus» devrait permettre «une convergence des politiques fiscales et sociales vers plus d’équité», lit-on dans la déclaration.
Elle appelle encore, avec fermeté, au respect du principe économique et éthique du développement durable, tant au niveau européen que mondial. «A terme, ni la compétitivité économique, ni la justice sociale, ne peuvent être atteintes sans une intégration systématique de facteurs écologiques».
Les évêques espèrent que l’UE s’engagera dans le développement à long terme d’une «authentique autorité politique mondiale» qui devrait aussi prendre en considération la justice et la responsabilité écologique. «Aujourd’hui, il faut européaniser l’économie sociale de marché pour faire face à la compétition mondiale, pour continuer à offrir une protection sociale efficace aux plus faibles et pour devenir une économie durable au vu des exigences environnementales et climatiques. Nous avons besoin d’une communauté de solidarité et de responsabilité pour donner vie à l’économie sociale de marché dans l’Union européenne», conclut la déclaration. (apic/com/ggc)
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