Rome: Vers la conclusion de l’accord juridico-financier entre Israël et le Saint-Siège?

Une affaire vieille de 12 ans

Rome, 11 janvier 2012 (Apic) L’Eglise catholique et l’Etat hébreu semblent déterminés à conclure l’accord juridico-financier sur les biens de l’Eglise catholique en Terre sainte. C’est ce qui ressort des récentes déclarations du nonce apostolique en Israël, Mgr Antonio Franco, et du vice-ministre des Affaires étrangères de l’Etat israélien, Danny Ayalon.

La Commission de travail bilatérale entre le Saint-Siège et Israël chargée de parvenir à cet accord se réunira en assemblée plénière le 26 janvier 2012, à Jérusalem.

«Nous concentrons notre attention sur les choses les plus importantes, de sorte à conclure cette négociation qui dure depuis environ 12 ans», a confié le nonce apostolique en Israël. Dans une interview accordée le 10 janvier à l’agence SIR, Mgr Antonio Franco a expliqué que les rapports entre le Saint-Siège et Israël s’étaient intensifiés ces dernières années, en vue de «trouver des solutions à nos problèmes pour que l’Eglise puisse continuer sa mission au service des communautés chrétiennes et pour accueillir au mieux les pèlerins».

En marge d’une réunion d’évêques nord-américains et européens sur la Terre Sainte, Mgr Franco a reconnu la persistance de points de divergence. Il a aussi fait état de la bonne volonté, en vue d’établir «un ’modus vivendi’ digne pour les chrétiens et respectueux des réalités sociales».

Les concessions de l’Eglise

Le représentant du Saint-Siège a envisagé des concessions. «Pour certaines choses, nous avons obtenu l’exemption totale d’impôts et pour d’autres, nous payerons notre petite contribution», a révélé le nonce. Il a souligné que l’Eglise en Terre sainte n’a pas de véritables revenus, ayant des fidèles «peu nombreux et pas assez riches pour la soutenir». Aussi a-t-il fait appel à la contribution de l’Eglise universelle, reconnaissant toutefois que l’Eglise locale ne peut pas demander aux bienfaiteurs de payer les impôts, à sa place, en Israël.

La délivrance de visas au personnel religieux constitue la seconde pierre d’achoppement. Le problème concerne non seulement le clergé venant de pays arabes, mais aussi de pays d’Afrique avec lesquels Israël n’entretient pas de relations diplomatiques. «Nombreux sont les cas que nous n’avons pas réussi à résoudre et, dans certaines situations, nous n’y arrivons pas toujours», a déclaré Mgr Franco.

Un autre dossier délicat est la propriété du Cénacle, chambre haute de la dernière cène du Christ à Jérusalem. Cette question complexe a volontairement été écartée des négociations, en 2004.

La détermination israélienne

Le 9 janvier, le vice-ministre des Affaires étrangères de l’Etat israélien, Danny Ayalon, principal interlocuteur du Saint-Siège, a assuré à la presse que les responsables israéliens étaient «déterminés à conclure l’accord pour le bien de toutes les parties», sans donner d’échéance. «Nous espérons arriver rapidement à un accord», a-t-il précisé.

Le dossier fiscal sur les biens de l’Eglise catholique en Terre sainte est en discussion depuis l’Accord fondamental du 30 décembre 1993. Depuis 1999, le Saint-Siège et Israël ont repris des négociations en vue de la conclusion d’un accord juridico-financier concernant les propriétés ecclésiastiques, les exonérations fiscales sur le revenu des activités commerciales des communautés chrétiennes et le statut juridique de l’Eglise catholique. (apic/imedia/cp/ggc)

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