Série Apic: prêtres et religieuses ayant eu un passé intéressant (I) Liestal: Le Vicaire épiscopal Sterkman, champion suisse universitaire d’échecs 1977

Sa passion devant l’échiquier le poursuit encore aujourd’hui

Liestal, 13 janvier 2012 (Apic) L’ordination sacerdotale n’a pas arrêté la passion de Christoph Sterkman pour le jeu d’échecs. «Mon travail a la priorité, mais j’essaie parfois de me libérer pour jouer des matchs par équipe», affirme le vicaire épiscopal de la région St-Urs, dans le diocèse de Bâle. Mais le manque d’entraînement n’a pas permis à ce champion suisse universitaire d’échecs en 1977 de maintenir son niveau de joueur d’élite.

«J’ai appris à jouer aux échecs à 7 ans avec mon père», raconte le vicaire épiscopal Sterkman, rencontré dans son bureau, au dernier étage d’un immeuble situé en vieille ville de Liestal. Ses souvenirs d’échecs s’égrènent avec la précision du joueur qui échafaude son plan pour traquer le roi adverse. Car si le Christ et l’Eglise conservent indéniablement la première place dans la vie du prêtre bâlois, il n’est pas difficile de comprendre que la 2e est occupée par le «jeu des rois». D’ailleurs, il n’a jamais vraiment arrêté de pratiquer les échecs. A chaque déménagement, pour études ou pour un nouvel engagement pastoral, une de ses premières préoccupations a été de chercher un club d’échecs dans la région.

Comme enfant, c’est d’abord au local de Muttenz, dans la banlieue de Bâle, qu’il découvre la pratique du jeu dans un club. Ses rapides progrès aidant, il rejoint également le club voisin de Birseck afin de pouvoir jouer des matchs de championnat, celui de Muttenz n’étant pas affilié à la Fédération suisse d’échecs. Sa trajectoire devient assez fulgurante et il figure rapidement parmi les meilleures juniors de Suisse. Dès 16 ans, il joue en championnat de Ligue nationale B, puis de ligue A, avec Birseck,. Sa précocité se manifeste également au niveau de ses responsabilités associatives: il devient président du Club de Muttenz à l’âge de 17 ans.

Champion suisse par équipes durant son séminaire

En parallèle, se pose pour Christoph Sterkman la question de son avenir professionnel. Après une année d’études en mathématiques et physique à Bâle, il sent un appel à la prêtrise et rejoint le séminaire diocésain à Lucerne, où il étudie la théologie. Il reste membre du club de Birseck, avec lequel il devient champion suisse par équipes en 1980. C’est d’ailleurs durant son séminaire qu’il connaîtra ses plus grands succès, en remportant notamment le championnat suisse universitaire, devant quelques grosses pointures. L’exploit a même fait la une de la revue suisse d’échecs de juin 1977.

Il part ensuite à Tübingen, en Allemagne, pour ses études de théologie et joue sur deux tableaux: le championnat allemand avec Tübingen et le championnat suisse avec Birseck. «J’étais totalement passionné d’échecs, j’ai beaucoup joué, et avec plaisir», assure-t-il.

Il est ordonné prêtre le 20 juin 1982 et doit freiner sérieusement la pratique des échecs. Nommé vicaire à Emmenbrücke – Gerliswil, dans la banlieue de Lucerne, il joue quelques matchs par année en championnat par équipes, avec le club d’Emmenbrücke.

En 1988, il rejoint Bâle où il et nommé vicaire, puis curé, de la paroisse St-Anton. Retour au club de Birseck, où il joue avec la 1ère ou la 2e équipe, en fonction des nécessités, et bien entendu de ses disponibilités. Mais comment arrivait-il à concilier les exigences d’une activité pastorale avec des championnats qui se déroulent essentiellement le samedi ou le dimanche? «Le travail avait clairement la priorité, mais j’ai parfois pu m’arranger pour que mon tour de célébration ne tombe pas sur les rondes de championnat», explique-t-il.

En 1999, Christoph Sterkman est nommé recteur du séminaire diocésain, à Lucerne, fonction qu’il occupera durant 10 ans. Durant cette période, il joue à nouveau plus régulièrement par équipes, avec Emmenbrücke, ainsi qu’en championnat de groupes de Suisse centrale.

En 2009, il devient vicaire épiscopal pour la région de St-Urs, dont le siège est à Liestal, et qui regroupe les cantons de Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Argovie. Il retourne au Club de Birseck, dont le local se trouve à quelques centaines de mètres de son domicile à Bâle. Il joue actuellement 7 à 10 parties officielles par année.

Finalement, malgré des études assez intensives et des engagements pastoraux très prenants, l’abbé Sterkman n’a jamais totalement lâché la pratique du jeu d’échecs. Mais cela fait longtemps qu’il ne s’entraîne plus.

Passionné d’échecs mais pas ambitieux

A-t-il l’impression d’avoir sacrifié une carrière prometteuse de joueur d’échecs au profit de la prêtrise? Difficile à dire. «Je suis resté depuis plusieurs décennies de force assez constante, entre 2000 et 2100 elo (ndr: cotation des joueurs d’échecs). Et même si je joue avec passion, je n’ai jamais vraiment eu d’ambitions au niveau des échecs». Il se définit comme un joueur prudent, qui n’apprécie pas les parties trop ouvertes. «J’aime suivre mes propres idées. Je réfléchis beaucoup et je me trouve assez souvent en Zeitnot (ndr: expression désignant un manque aigu de temps de réflexion)».

Lui dit-on parfois qu’il réfléchit ou agit en pastorale comme un joueur d’échecs? «Oui, cela arrive. Je fais toujours attention à tous les aspects du problème, je réfléchis beaucoup avant d’agir et j’essaie de trouver la meilleure solution».

Et que lui a apporté le jeu d’échecs au niveau professionnel? «Ca m’a donné une forme de pensée logique. Je suis attentif à certains traits de la personnalité de celles et ceux que je rencontre». Les échecs lui ont aussi aidé à ne pas se stresser. Il a tellement l’habitude de tomber en «Zeitnot» aux échecs, qu’il ne panique pas lorsqu’il prépare sa prédication au dernier moment.

Son avenir, l’abbé Sterkman ne l’envisage absolument pas sans le jeu d’échecs. «J’ai toujours cherché à garder au moins 6 ou 7 parties officielles par année. Et lorsque j’aurai moins de responsabilités, à ma retraite, je pense même jouer davantage».

Note aux médias: Des photos de l’abbé Sterkman peuvent être commandées à apic@kipa-apic.ch . Prix pour diffusion: 80 frs la première, 60 frs les suivantes.

(apic/bb)

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