«Un pas important pour l’œcuménisme»

Rome: Seul un grand concile pourra faire avancer le dialogue entre catholiques et orthodoxes, estime le cardinal Koch

Rome, 17 janvier 2012 (Apic) La Commission internationale entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe est arrivée « à une situation très difficile », a déclaré le cardinal Kurt Koch, dans une interview accordée à l’agence des évêques italiens « Sir », le 16 janvier 2012. Selon le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le dialogue théologique entre les deux confessions chrétiennes ne peut progresser tant qu’un grand Concile de l’Eglise panorthodoxe n’aura pas eu lieu.

Deux jours avant l’ouverture de la traditionnelle Semaine pour l’unité des chrétiens, le cardinal Koch s’est félicité que les relations avec Constantinople sont très bonnes et que celles avec Moscou se sont beaucoup améliorées. « En revanche, en ce qui concerne la Commission mixte internationale entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe, nous devons dire avec honnêteté que nous sommes arrivés à une situation très difficile. Nous pensions avoir franchi un pas important après la rencontre de Ravenne de 2007, mais les orthodoxes n’ont pas voulu continuer », a-t-il regretté.

Lors de l’assemblée plénière de septembre 2010, à Vienne en Autriche, la commission n’est pas parvenue à se décider sur la publication d’un document commun concernant la question du rôle du pape dans la communion de l’Eglise au premier millénaire. Le cardinal Koch regrette qu’aucun texte ne pourra être présenté lors de la plénière de l’année prochaine. Selon le haut prélat suisse, il faut chercher les raisons de ce ralentissement dans le fait que les Eglises orthodoxes se trouvent face au grand défi d’un Concile panorthodoxe. « Un pas important pour tout l’œcuménisme dépend du succès de ce Concile. »

En préparation depuis 35 ans, le grand Concile de l’Eglise orthodoxe pourrait avoir lieu cette année. Il rassemblerait toutes les familles issues du grand schisme de 1054, soit les représentants des quelque 220 millions de chrétiens orthodoxes. L’initiative de ce Concile est due au patriarche de Constantinople Athënagoras et remonte à 1966.

Benoît XVI en attente

Benoît XVI lui-même a manifesté son désir que la question du Concile panorthodoxe soit résolue. A Fribourg-en-Brisgau, le 24 septembre 2011, devant des représentants de la communauté orthodoxe, le pape avait avoué que l’Eglise catholique – et lui-même – suivent avec beaucoup d’intérêt le développement des communautés orthodoxes en Europe occidentale.

Il s’était félicité de « l’intensification et des progrès essentiels » de la collaboration panorthodoxe ces dernières années. Le pape s’était aussi réjoui de la fondation de conférences épiscopales orthodoxes là où les Eglises sont en diaspora, comme en Allemagne depuis peu. Il avait souhaité que ce type d’expérience puisse « renforcer l’union entre les Eglises orthodoxes et faire progresser les efforts vers un concile panorthodoxe ». (apic/imedia/cp/nd)

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