Benoît XVI a reçu les membres de la Rote romaine
Rome, 22 janvier 2012 (Apic) Devant les membres du tribunal de la Rote romaine reçus en audience au Vatican le 21 janvier 2012, Benoît XVI a assuré que « le vrai droit » était « inséparable de la justice ». Dans un discours philosophique de haut niveau, le pape a ensuite montré l’influence profonde et pratique de la conception de l’union entre droit et justice dans la vie des personnes et des communautés, expliquant ainsi qu’il n’y avait pas de place pour la créativité en matière de justice.
Au cours de la traditionnelle audience accordée aux magistrats et avocats de la Rote romaine pour l’ouverture de l’année judiciaire, Benoît XVI a ainsi décrit la « voie » qu’il envisage pour que « la compréhension adéquate de la loi canonique ouvre la voie à un travail interprétatif qui s’insère dans la recherche de la vérité sur le droit et sur la justice dans l’Eglise ». « Comme j’ai voulu le souligner au Parlement fédéral de mon pays, au Reichstag de Berlin, a-t-il ainsi expliqué, le vrai droit est inséparable de la justice ».
Dès lors, selon Benoît XVI, la loi canonique ne peut être « enfermée dans un système normatif purement humain, mais doit être reliée à un ordre juste de l’Eglise, dans laquelle une loi supérieure est en vigueur ». La loi humaine doit cependant être valorisée comme « expression de justice », a-t-il ajouté.
Insistant sur l’importance de la lecture des textes juridiques à la lumière de la réalité, le pape a ainsi souligné la nécessité d’un « effort interprétatif parfois ardu », évoquant une tâche à accomplir par un « contact authentique avec la réalité de l’Eglise dans son ensemble ».
Benoît XVI a alors appelé « à appliquer à la loi canonique également cette herméneutique du renouveau dans la continuité » évoquée « en référence au Concile Vatican II, si étroitement lié à la législation canonique actuelle ». Le pape faisait référence à l’un de ses plus célèbres discours, devant la curie romaine, en décembre 2005.
Evoquant les situations concrètes qui nécessitent des « solutions équitables pour atteindre la justice que la norme humaine générale n’a pas pu prévoir », Benoît XVI a ainsi mis l’accent sur les implications pratiques de la vision du droit et de la justice selon l’Eglise. « Ces réflexions revêtent une pertinence particulière dans le domaine des lois qui concernent l’acte constitutif du mariage, la consommation et la réception de l’Ordre sacré », a-t-il ainsi souligné. A ses yeux, le sens de la loi de l’Eglise devient alors « une question d’incidence pratique large et profonde dans la vie des personnes et des communautés ».
Le pape a également encouragé les membres de la Rote romaine dans les nouvelles compétences qui leur ont récemment été confiées. En effet, par le Motu proprio « Quaerit semper » publié le 27 septembre 2011, Benoît XVI avait transféré la compétence de traiter les procédures pour la concession de la dispense du mariage « conclu et non consommé » et les causes de nullité de l’ordination sacrée depuis la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements vers un nouveau service dépendant de la Rote romaine. Ce transfert, attendu depuis des années, est une nouvelle étape dans le remodelage progressif de la curie romaine voulu par le pape.
Le Tribunal de la Rote romaine forme, avec la Pénitencerie apostolique et le Tribunal suprême de la signature apostolique, forme ce que l’on appelle les « Tribunaux du Saint-Siège », à ne pas confondre avec les tribunaux de l’Etat de la Cité du Vatican. Le Tribunal de la Rote romaine doit en particulier juger en appel les demandes de reconnaissance de nullité de mariage, jugées en première instance par les tribunaux diocésains. (apic/imedia/mm/js)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/benoit-xvi-a-recu-les-membres-de-la-rote-romaine/