L’homme peut s’interroger, réfléchir mais aussi prier à travers les réseaux sociaux
Rome, 24 janvier 2012 (Apic) Benoît XVI est un homme qui se montre ouvert aux nouvelles technologies de la communication. Pour la 3e année consécutive, le pape consacre une bonne partie de son Message pour la Journée mondiale des communications sociales 2012 à internet et en particulier aux réseaux sociaux, Twitter en tête.
Les réseaux sociaux peuvent aider l’homme «à vivre des moments de réflexion et d’interrogation authentique», mais aussi à trouver des espaces de silence. Intitulé «Silence et parole: chemin d’évangélisation» et publié le 24 janvier, fête du ’patron des journalistes’ saint François de Sales (1567-1622), ce message permet aussi au pape de souhaiter un «écosystème» de la communication où silence et parole peuvent «s’équilibrer, se succéder et se compléter (…) harmonieusement».
Constatant qu’une grande partie de la dynamique actuelle de la communication est orientée par des «questions en quête de réponses», Benoît XVI remarque dans son message l’importance des moteurs de recherche et des réseaux sociaux sur internet. Ils constituent à ses yeux «le point de départ de la communication pour beaucoup de personnes qui cherchent des conseils, des suggestions, des informations, ou des réponses».
Dans son texte, Benoît XVI va plus loin en appelant à considérer avec intérêt les diverses formes de sites, d’applications et de réseaux sociaux qui peuvent aider l’homme d’aujourd’hui à vivre des moments de réflexion et d’interrogation authentique, mais qui peuvent aussi l’aider à trouver des espaces de silence, des occasions de prière, de méditation ou de partage de la Parole de Dieu.
Commentant ce passage du message, le président du Conseil pontifical pour les communications sociales, Mgr Claudio Maria Celli, souligne que certains sites internet à contenu spirituel, et particulièrement ceux d’ordres religieux ou de couvents, rencontraient un vif succès, qui se compte en plusieurs millions de visiteurs quotidiens.
Sans le citer, le souverain pontife va jusqu’à vanter les mérites du réseau social de microblogage Twitter. «Dans la substance de brefs messages, affirme-t-il, souvent pas plus longs qu’un verset biblique, on peut exprimer des pensées profondes à condition que personne ne néglige le soin de cultiver sa propre intériorité». Pour sa part, Mgr Celli rappelle le succès des ›tweets’ du président du Conseil pontifical de la culture, le cardinal Gianfranco Ravasi.
Néanmoins, note le pape, l’homme est souvent «bombardé de réponses à des questions qu’il ne s’est jamais posées et soumis à des besoins qu’il n’aurait pas ressentis». Dès lors, estime-t-il, «le silence est précieux pour favoriser le discernement nécessaire au milieu de tant de sollicitations et tant de réponses» afin de se concentrer sur les questions vraiment importantes. «Là où les messages et l’information sont abondants, le silence devient essentiel pour discerner ce qui est important de ce qui est inutile ou accessoire», souligne encore le pape.
Au fond, selon Benoît XVI, «ce flux incessant de questions manifeste, l’inquiétude de l’être humain toujours à la recherche de vérités, petites ou grandes, qui donnent un sens et une espérance à l’existence». En parlant de ces «vérités» avec un v minuscule, le pape fait preuve d’ouverture et répond indirectement à ceux qui l’accusent de toujours vouloir imposer sa Vérité, estime encore Mgr Celli.
Plus largement, le pape consacre une grande partie de son message au rapport entre silence et parole dans la communication, qui doivent s’équilibrer, se succéder et se compléter harmonieusement. Dans ce texte, le pape fait peu référence au religieux ou au spirituel, en restant dans un registre purement philosophique.
Dans son raisonnement, Benoît XVI égrène alors les nombreuses qualités que présente le silence. C’est par exemple à ce moment-là que «se saisissent les instants les plus authentiques de la communication entre ceux qui s’aiment: le geste, l’expression du visage, le corps comme signes qui révèlent la personne».
Le silence permet une communication «bien plus exigeante, qui met en jeu la sensibilité et cette capacité d’écoute qui révèle souvent la mesure et la nature des liens», affirme-t-il encore. En résumé, le pape juge nécessaire de créer une atmosphère propice, comme une sorte d’»écosystème» qui sache équilibrer silence, parole, images et sons.
C’est pourquoi Benoît XVI conclut son message en soulignant l’importance de l’éducation à la communication, qui signifie à ses yeux apprendre à écouter, à contempler, bien plus qu’à parler, ce qui est «particulièrement important pour les acteurs de l’évangélisation». (apic/imedia/cp/be)
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