La querelle sur la propriété des églises en Ukraine occidentale n’est pas résolue

Moscou: Une rencontre du chef de l’Eglise orthodoxe russe avec le pape serait «prématurée»

Moscou, 30 janvier 2012 (Apic) Pour le patriarche de Moscou Cyrille Ier, une rencontre avec le pape Benoît XVI n’est pas possible à l’heure actuelle. Le chef de l’Eglise orthodoxe russe a déclaré le 30 janvier qu’il faut d’abord résoudre «les problèmes qui existent entre nous», en mentionnant la «confiscation» d’églises orthodoxes par les gréco-catholiques en Ukraine.

Dans une interview accordée au journal serbe «Vecherniye Novosti», dont la traduction en anglais a été postée lundi 30 janvier sur le site du Patriarcat de Moscou (www.mospat.ru), Cyrille Ier souligne que l’Eglise russe avait suggéré récemment de relancer les discussions de la Commission mixte quadripartite qui comprend le Saint-Siège, le Patriarcat de Moscou, l’Eglise orthodoxe ukrainienne et l’Eglise gréco-catholique ukrainienne de rite byzantin. «Cependant, l’Eglise catholique n’est pas très enthousiaste à propos de notre offre», a-t-il relevé.

La question «uniate»

«Je continue à croire que les conflits ont besoin d’être résolus plus énergiquement, même si ce n’est pas complètement, afin que cette rencontre soit un succès», a déclaré Cyrille Ier dans son interview au journal serbe. Il relève que les médias ont seulement mis en avant «l’aspect sensationnel» que revêtirait la possibilité d’une telle rencontre au sommet, mais il n’aimerait pas que cela en soit réduit uniquement à de la «sensation».

Le problème qui reste non résolu à ses yeux est la situation des églises orthodoxes en Ukraine occidentale qui ont été reprises aux orthodoxes par les catholiques de rite byzantin. Ces derniers rétorquent qu’elles leur avaient été confisquées après la Seconde Guerre mondiale, lors de la liquidation sur ordre de Staline de l’Eglise gréco-catholique (appelée autrefois «uniate») en Ukraine. En 1946, après l’intégration de l’Ukraine occidentale à l’URSS, l’Eglise gréco-catholique fut officiellement abolie et ses fidèles rattachés de force à l’Eglise orthodoxe russe. C’est clandestinement que le clergé uniate se maintint.

«Le pape et les responsables des congrégations vaticanes font montre de compréhension concernant nos préoccupations, mais le problème n’a pas pour autant été résolu», remarque le patriarche Cyrille. Le chef de l’Eglise orthodoxe russe reconnaît cependant que les relations entre Moscou et l’Eglise catholique «se sont considérablement améliorées» ces 10 dernières années.

La question du prosélytisme plus aussi aiguë que dans les années 1990

«La question du prosélytisme n’est plus aussi aiguë que dans les années 1990, quand les missionnaires catholiques venaient en Russie pour y travailler activement». Le Patriarcat orthodoxe de Moscou et le Vatican ont mis en place en 2004 déjà une Commission mixte orthodoxe-catholique pour régler les problèmes relationnels subsistant entre les deux Eglises, et elle a joué «un rôle positif», souligne Cyrille 1er.

Le patriarche a lancé un appel pour le développement de la coopération entre chrétiens orthodoxes et catholiques, «qui maintiennent les traditions chrétiennes et ont des vues proches sur les questions d’éthique personnelle et sociale, les progrès technologiques, les questions de bioéthique, et d’autres problèmes contemporains», y compris la protection des droits des chrétiens contre les discriminations. (apic/patriarcat/mosc/be)

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