Etats-Unis: 550 victimes d’abus sexuels ont porté plainte contre l’archidiocèse de Milwaukee

Des prétentions qui dépassent les 100 millions de dollars

Milwaukee, 2 février 2012 (Apic) Quelque 550 victimes d’abus sexuels ont porté plainte contre l’archidiocèse de Milwaukee, dans l’Etat américain du Wisconsin. Ils réclament des dédommagements qui dépassent les 100 millions de dollars. En janvier 2011, cet archidiocèse du Nord des Etats-Unis s’était placé sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites après l’échec d’accords financiers avec des familles de victimes.

Il s’agit, dans le cas de l’archidiocèse de Milwaukee, du plus grand nombre de demandes parmi les huit diocèses américains qui ont eu recours à la protection de la loi sur les faillites depuis 2004, selon le «Journal Sentinel» de Milwaukee du 2 février.

Sous la protection de la loi sur les faillites

Le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites permet à une entreprise en difficultés financières de continuer à fonctionner normalement, tout en lui laissant le temps de chercher un accord avec ses créanciers. L’archidiocèse a été contraint de faire appel à cette procédure après avoir dû dépenser plus de 30 millions de dollars dans des procès pour abus sexuels ces dernières années.

Le délai pour que des victimes s’annoncent a échu mercredi après-midi 1er février. Selon le «Journal Sentinel», les prétentions contre l’archidiocèse s’élèvent maintenant à 103,4 millions de dollars (94 millions de francs suisses). A cela s’ajoutent des demandes d’entreprises, des autorités fiscales et d’institutions ecclésiales comme les caisses de pension pour les prêtres et les employés, d’un montant de 70,4 millions de dollars. Le journal affirme que les responsables du diocèse se réservent le droit de recourir contre certaines demandes.

Les avocats des victimes estiment qu’il s’agit là d’une tentative de l’archevêché pour échapper au paiement des sommes réclamées. James Stang, l’un des avocats des victimes, affirme que ces réclamations ne sont que la «pointe de l’iceberg», car pour lui, les crimes sexuels sont statistiquement beaucoup moins dénoncés que d’autres. Il y en a encore bien d’autres qui ne sont pas venus à la surface, estime-t-il.

Beaucoup moins de cas après l’an 2’000

Les plaintes visent tant des prêtres diocésains que des religieux, des diacres, des enseignants des écoles catholiques, des employés de paroisses, et nombre d’entre elles remontent aux années 1950. Seule une petite partie des abus ont été commis après l’an 2’000. L’abuseur le plus connu est le Père Lawrence Murphy, qui aurait abusé de près de 200 jeunes garçons d’une école pour jeunes sourds à Milwaukee entre les années 1950 et 1970.

Jerry Topczewski, porte-parole du diocèse, a relevé que l’archevêché avait fait de gros efforts pour s’assurer que les gens concernés étaient bien conscients de la date limite pour porter plainte, afin que chacun en droit de le faire puisse effectivement le faire.

Il a cependant souligné que Mgr Jerome E. Listecki, archevêque de Milwaukee, allait s’opposer aux réclamations qui impliquent des prêtres appartenant à des congrégations religieuses, dont beaucoup ont travaillé dans le passé dans ses écoles et paroisses, arguant qu’ils ne sont pas des employés du diocèse.

L’archevêque va également s’opposer aux réclamations qu’il estime ne pas relever de la loi sur les faillites. Dans le même temps, l’archidiocèse a demandé au tribunal la permission de créer un fonds de 300’000 dollars pour financer la thérapie de victimes, qui pourrait être réalimenté si besoin est. Ce fonds est destiné aux victimes dont les cas ont été rejetés par le tribunal. (apic/jsonline/be)

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