Rome: Une victime décrit la «mauvaise» gestion» de son cas par la hiérarchie catholique
Rome, 7 février 2012 (Apic) Le discours au ton ferme qu’une Irlandaise abusée par un prêtre à l’âge de 13 ans a prononcé le 7 février 2012, dans le cadre du symposium sur la pédophilie organisé par l’Université grégorienne de Rome, a constitué le premier moment fort de cette initiative menée en collaboration avec le Vatican.
Aujourd’hui âgée de 65 ans, Marie Collins, qui s’implique depuis près de 10 ans dans la protection des victimes d’abus sexuels, s’est montrée très critique vis-à-vis de la «mauvaise gestion» de son dossier par la hiérarchie catholique. Elle a déclaré ne plus pouvoir la respecter.
C’est plus de 50 ans après avoir été abusée dans un hôpital de Dublin que Marie Collins a trouvé la force d’écrire à son archevêque. Mais le prêtre qui l’avait agressée était protégé par ses supérieurs, qui «ne prenaient vraiment pas en considération» la sécurité des enfants, a-t-elle confié dans son témoignage. Selon elle, «tout cela allait à l’encontre des directives de l’Eglise catholique irlandaise sur la protection des enfants de l’époque».
«On savait aussi que le Vatican avait mis en doute ces directives parce que non conformes au droit canonique», a ensuite souligné la victime. Qui ajoute que son archevêque lui a dit qu’il n’avait pas à suivre ces directives, «quand bien même on disait aux gens qu’elles devaient être suivies à la lettre». Dans son discours, Marie Collins a aussi déploré que son archevêque considère que l’abus qu’elle avait subi appartenait au passé.
«J’ai commencé à me reprendre le jour où au tribunal, mon agresseur a assumé la responsabilité de ses actes et a admis sa culpabilité», a poursuivi la victime. Elle regrette aujourd’hui de ne plus pouvoir pratiquer sa religion. «Mais comment pourrais-je respecter à nouveau la hiérarchie de l’Eglise», a-t-elle lancé devant une assemblée d’experts et de prélats.
A ses yeux, le fait de présenter ses excuses pour les abus commis par des prêtres ne suffit pas. Il doit y avoir pleine reconnaissance et responsabilité pour les dommages causés.
Dans la soirée du 7 février, une veillée pénitentielle aura lieu à l’église Saint-Ignace, au centre de Rome. 7 membres de l’Eglise, au nom de divers groupes, devraient demander pardon à Dieu et aux victimes pour les abus pédophiles et les négligences coupables. Pour sa part, une victime demandera à Dieu «la force de pardonner». (apic
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