Rome: L’ambassadeur iranien près le Saint-Siège réaffirme la position de Téhéran sur le nucléaire et sur Israël
Rome, 8 février 2012 (Apic) Une rencontre inédite avec la presse, le 8 février 2012 à Rome, a permis à l’ambassadeur de la République islamique d’Iran auprès du Saint-Siège, Ali Akbar Naseri, de nier tout usage militaire de son équipement nucléaire et de critiquer l’attitude d’Israël, « un régime usurpateur et occupant », envers son pays.
« L’usage des armes de destruction massive et des armes atomiques n’a pas sa place dans la doctrine militaire de l’Iran. Nos activités nucléaires sont totalement pacifiques. Notre pays est membre officiel du traité de non-prolifération des armes et se trouve sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) », a affirmé Ali Akbar Naseri, à quelques jours du 33e anniversaire de la Révolution iranienne. L’ambassadeur a aussi dénoncé « les politiques hégémoniques des grandes puissances, qui font subir à l’Iran des sanctions qui n’ont aucune base juridique ».
Il estime que la question du nucléaire est un prétexte pour mettre son pays sous pression. « Si nous fermions tous les centres d’enrichissement, a-t-il renchéri, les Etats-Unis affirmeraient que nous soutenons le terrorisme international, alors que nous en sommes les premières victimes, ou bien ils parleraient des droits de l’homme ».
Ali Akbar Naseri a souligné que l’Iran cherche une collaboration fructueuse avec la communauté internationale, de laquelle Israël, « un régime usurpateur et occupant », est pour lui exclu. « Nous ne voulons pas de conflits et de guerres, mais devant les puissances agressives, nous nous défendrons avec tous les moyens que nous avons à disposition. »
Faisant allusion au conflit israélo-palestinien, l’ambassadeur près le Saint-Siège a suggéré « à ces pays qui cherchent toujours à retenir l’attention de la scène internationale d’écouter les conseils du pape et de respecter les droits de l’homme et des peuples ». Le diplomate considère aussi l’éventualité d’une attaque militaire de son pays par l’Etat hébreu, comme un « bluff » et un moyen d’intimidation.
Ali Akbar Naseri a également rappelé que le destin de la Syrie devait dépendre uniquement de ses habitants et non d’une ingérence de l’étranger. Interrogé sur la guerre civile en Syrie, il estime que la situation doit être gérée par les habitants, sans ingérence des pays étrangers. Mais le gouvernement doit aussi répondre aux attentes légitimes du peuple.
Plus largement, le diplomate a affirmé que, lors du « Printemps arabe », les peuples se sont révoltés contre des « gouvernements fantoches issus des pouvoirs occidentaux ». Interrogé sur les risques encourus par les chrétiens après la chute du régime en Egypte ou en Tunisie, il a estimé que « les minorités dans ces pays sont des citoyens à part entière, dont les droits doivent être pleinement respectés ».
Quant à l’attitude de l’Iran face à ces mouvements populaires qui concernent des pays à majorité musulmane, le représentant a expliqué que son pays cherchait, « à travers des canaux diplomatiques, scientifiques et culturels, à faire prendre conscience aux gouvernants que leurs populations devaient être respectées en vertu de la pensée de l’islam ».
Le diplomate en poste depuis plus de deux ans à Rome a finalement souligné les relations « très sincères et cordiales » entre le Saint-Siège et l’Iran, qui collaborent sur « des thèmes scientifiques et culturels ». Les deux pays sont aussi étroitement liés du fait de leur caractère religieux.
Quant à une possible rencontre entre Benoît XVI et le président Mahmoud Ahmadinejad, le diplomate a rappelé que ce dernier avait reçu, à l’automne 2010, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Il a assuré que son gouvernement pourrait accueillir le pape « avec enthousiasme ».
La population iranienne est presque exclusivement musulmane. Elle compte 89 % de chiites et 10 % de sunnites. Les chrétiens, les juifs, les zoroastriens et les bahaïs font partie des communautés ultraminoritaires. Les quelque 100’000 chrétiens sont représentés par 3 députés au Parlement. (apic/imedia/cp/nd)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/ali-akbar-naseri-fustige-un-regime-usurpateur-et-occupant/