Deux prêtres catholiques enlevés durant deux semaines
Rabak, 9 février 2012 (Apic) Dix jours après sa libération par les rebelles soudanais des milices de Johnson Olony, le prêtre catholique Sylvester Mogga explique que «les religieux encourent de gros risques au Soudan car certains assimilent l’Église à un allié du Sud». Au moment où la tension s’accroît entre le Soudan le Soudan du Sud, le prêtre a expliqué à l’agence d’information missionnaire MISNA la situation très instable dans les régions frontalières des deux pays qui se sont séparés l’an dernier.
Le Père Sylvester Mogga, âgé de 35 ans, et son confrère le Père Joseph Makwey ont été enlevés le 17 janvier dernier par un commando d’hommes armés qui ont fait irruption dans leur diocèse de Rabak, à environ 260 km au sud de Khartoum. Les autorités avaient alors perdu leurs traces des jours durant, jusqu’à ce que le Père Joseph ne transmette par téléphone la demande de rançon de leurs ravisseurs : 500.000 livres soudanaises, une somme impossible à rassembler pour l’Église locale.
«Ils nous ont enlevés après que nous avions dénoncé pendant la messe du dimanche l’assassinat d’un jeune de la paroisse par des milices de Johnson Olony», raconte le Père Sylvester. Cette accusation était intolérable pour ce commandant rebelle de l’ethnie shilluk dont les hommes opèrent des deux côtés de la frontière des deux Soudans. Les deux otages ont finalement été libérés le 30 janvier sans que la rançon n’ait été versée. Il se peut que des divisions internes au groupe d’Olony aient contribué à leur libération.
Les deux prêtres se trouvent actuellement à Khartoum où ils attendent la décision de l’archidiocèse sur leur prochaine destination. «Bien sûr, j’ai peur de revenir à Rabak, mais je sais qu’il reste encore beaucoup de travail à y faire», explique le Père Sylvester. Le prêtre pense notamment aux centaines de milliers de Sud-Soudanais qui, en vertu des dernières dispositions prises par Khartoum, pourront être expulsés à partir du 1er avril s’ils ne détiennent pas un permis de séjour en règle. La nationalité constitue l’une des nombreuses questions non résolues entre le Soudan et le Soudan du Sud qui a accédé à l’indépendance en 2011. (apic/misna/mp)
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