Rome: Benoît XVI souhaite que l’on parle plus de «la foi exemplaire de l’Eglise de Rome»
Rome, 16 février 2012 (Apic) Intervenant devant près de 200 séminaristes du diocèse de Rome, dans la soirée du 15 février 2012, Benoît XVI a appelé les chrétiens aux «non-conformisme» face à deux grands pouvoirs que sont à ses yeux la finance qui opprime le monde et les médias où l’apparence compte plus que la réalité. Des propos du pape qui résonnaient de manière toute particulière en pleine crise économique, mais surtout sur fond de révélations en cascade dans la presse italienne qui tendent à montrer un Vatican en pleine confusion. Dans une allusion à ces affaires, le pape a d’ailleurs souhaité que l’on parle plus «de la foi exemplaire de l’Eglise de Rome».
En visite au Grand séminaire de Rome, Benoît XVI a donc d’abord fait une allusion évidente aux affaires qui secouent actuellement le cœur du catholicisme. «Aujourd’hui, a confié le pape, on parle beaucoup de l’Eglise de Rome, de tant de choses, mais espérons que l’on parle de notre foi, de la foi exemplaire de l’Eglise de Rome». «Prions le Seigneur, a-t-il aussitôt demandé, pour que nous puissions faire en sorte que l’on ne parle pas de tant de choses, mais de la foi de l’Eglise de Rome».
Assis face aux séminaristes dans la chapelle du Grand séminaire de Rome, dans le Palais du Latran, Benoît XVI a ensuite improvisé, pendant près de 20 minutes, une «Lectio divina», une interprétation des Ecritures saintes.
Devant les séminaristes de son diocèse, Benoît XVI a particulièrement parlé des «pouvoirs du mal» qui reflètent le péché originel, évoquant alors aussitôt «deux grands pouvoirs, en soi utiles et bons mais dont on peut abuser facilement : le pouvoir de la finance et le pouvoir des média».
«Ils sont tous deux nécessaires, a soutenu le pape, mais l’on en abuse tellement qu’ils deviennent souvent le contraire de leurs véritables intentions». «Nous voyons comment le monde de la finance peut dominer l’homme, a ajouté Benoît XVI, que l’avoir et le paraître dominent le monde et le rendent esclave».
Pour Benoît XVI, «le monde des finances n’est plus un instrument qui favorise le bien-être et la vie de l’homme, mais il devient un pouvoir qui l’opprime, que l’on adore presque comme Mammon, la vraie fausse divinité qui domine le monde». «Contre ce conformisme, contre la soumission à ce pouvoir, a ensuite souhaité le pape, soyons non-conformistes, (…) ne nous soumettons pas à cela mais utilisons notre liberté d’enfants de Dieu».
«L’autre pouvoir est celui de l’opinion publique», a poursuivi le pape pour qui les hommes ont certainement besoin d’information, de prendre connaissance des choses du monde, mais pour qui «il peut s’agir d’un pouvoir de l’apparence, qui compte finalement plus que la réalité elle-même».
«Contre cela, a assuré Benoît XVI, existe là aussi le non-conformisme chrétien (…) qui nous donne la vraie liberté chrétienne, pour nous libérer de ce besoin de plaire». Le pape a alors souhaité que les chrétiens puissent user de «la liberté de la vérité» afin de «recréer un monde qui ne soit pas opprimé par l’opinion, par les apparences qui ne laissent plus paraître la réalité et où le monde virtuel est plus fort que le monde réel». «Prions que le Seigneur, a conclu le pape, afin qu’il nous aide à être des hommes libres, avec ce non-conformisme qui n’est pas contre le monde mais le véritable amour pour le monde».
Depuis qu’ont éclaté dans la presse italienne plusieurs affaires visant à présenter le Vatican en proie à des luttes de pouvoir sur fond de soupçons de corruption, c’est la première fois que Benoît XVI prenait ainsi la parole. Il est intervenu lors d’une rencontre qu’il a traditionnellement chaque année avec les séminaristes de son diocèse à l’occasion de la fête de «Notre-Dame de la confiance», patronne du Grand séminaire de Rome. (aspic/imedia/ami/js)
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