Trois prêtres et deux religieuses interpellés
Kinshasa, 17 février 2012 (Apic) Trois prêtres et deux religieuses ont été interpellés le 16 février à Kinshasa par les forces de l’ordre. Avec d’autres catholiques, ils ont tenté d’organiser une marche de protestation contre les résultats officiels des élections générales (présidentielle et législatives) du 28 novembre dernier en République Démocratique du Congo (RDC), a rapporté une radio locale, Radio Okapi.
Les prêtres et religieuses ont été conduits au poste de police du district de la Funa, à Kinshasa. On ignorait vendredi matin s’ils étaient toujours retenus. Le 15 février, le gouverneur de la ville- province de Kinshasa, André Kimbuta Yango, avait interdit la manifestation. Des fidèles de l’Eglise catholique ont tenté d’outrepasser cette interdiction.
La manifestation, qui n’émanait pas de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a été dispersée par les forces de l’ordre. Cette marche qui se voulait pacifique, commémorait aussi le 20e anniversaire de la répression sanglante des chrétiens du 16 février 1992 contre une manifestation organisée à l’époque pour réclamer la réouverture des travaux de la Conférence nationale souveraine (CNS) et l’instauration de la démocratie dans le pays.
Les manifestants, en majorité des femmes, se sont rendus en direction de la paroisse Saint Joseph de Kalamu, leur point de ralliement. La police a dispersé des groupes à coups de grenades lacrymogènes dans différentes parties de la ville. Des manifestants qui avaient réussi à accéder à la paroisse Saint Joseph y ont été bloqués par la police. La MONUSCO (Mission de l’ONU au Congo) est intervenue auprès de la police pour lever le blocus de la paroisse et libérer ceux qui s’y trouvaient.
Les organisations de défense des droits de l’homme de la RDC ont observé l’action de la police face à la manifestation. L’ONG «Les Amis de Nelson Mandela» a exprimé son indignation face à la «répression avec brutalité». Selon elle, la police devait plutôt encadrer les manifestants, comme le prévoient les conventions internationales, au lieu de les réprimer.
La police, pour sa part, a affirmé être dans l’obligation d’empêcher cette marche, du fait qu’elle était interdite par les autorités de la ville. Le commissaire général Charles Bisengimana a rejeté en bloc toutes les accusations de violence de la part de la police. Selon lui, l’usage de grenades lacrymogènes à Matonge, se justifie par le fait que les forces de l’ordre voulaient «disperser des militants d’un parti politique de l’opposition qui tentaient de se joindre aux chrétiens».
Au sein de l’Eglise catholique, la manifestation n’avait pas fait l’unanimité. L’évêque de Butembo-Beni et administrateur apostolique de Kasongo, Mgr Melchisedek Sikuli Paluku, l’a désapprouvée. Dans un communiqué pastoral datant du 15 février, il a interdit à ses fidèles de prendre part à cette marche dont l’initiative n’émanait pas de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). «Le contexte actuel nous invite à une grande prudence et à éviter toute action pouvant entraîner des conséquences fâcheuses», a déclaré en son nom à Radio Okapi, l’abbé Edouard Tambwe, l’un de ses collaborateurs. «Nous avons besoin d’autres choses que des marches et manifestations qui ne peuvent qu’aggraver notre situation», a-t-il ajouté. (apic/ibc/bb)
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