L’Eglise ne vit pas pour elle-même
Rome, 19 février 2012 (Apic) Le pape Benoît XVI a souhaité dimanche 19 février que l’Eglise aille «à la rencontre d’un monde qui tend à se fermer sur lui-même». Au lendemain du consistoire au cours duquel il a créé 22 nouveaux cardinaux, Benoît XVI a assuré que l’Eglise ne vivait pas «pour elle-même», lors de la messe célébrée avec les cardinaux dans la basilique Saint-Pierre.
A l’occasion de la fête liturgique de la Chaire de saint Pierre, le pape a usé d’une métaphore pour définir l’Eglise. Il s’est ainsi appuyé sur le décor du fond de la basilique vaticane où est placée la cathèdre pétrinienne – œuvre du Bernin (1598-1680) – surmontée d’une fenêtre où se trouve un vitrail représentant l’Esprit-Saint. Cette fenêtre, a alors assuré Benoît XVI, «ouvre l’Eglise sur l’extérieur, vers la création tout entière, tandis que l’image de la colombe de l’Esprit-Saint montre Dieu comme la source de la lumière».
Le pape a poursuivi en assurant que l’Eglise elle-même était «comme une fenêtre, le lieu dans lequel Dieu se fait proche et va à la rencontre de notre monde. L’Eglise n’existe pas pour elle-même, elle n’est pas un point d’arrivée, mais elle doit renvoyer au-delà d’elle-même, vers le haut, au-dessus de nous».
«L’Eglise est vraiment elle-même dans la mesure où elle laisse transparaître l’Autre – avec un ›A’ majuscule – de qui elle provient et à qui elle conduit», a encore assuré le pape, ajoutant qu’elle avait «le devoir d’ouvrir au-delà d’elle-même ce monde qui tend à se fermer sur lui-même et de lui porter la lumière qui vient d’en haut, sans laquelle il deviendrait inhabitable».
Benoît XVI a également affirmé que «tout dans l’Eglise repose sur la foi : les sacrements, la liturgie, l’évangélisation, la charité», mais aussi «le droit et l’autorité». Et le pape d’insister : «L’Eglise ne s’autorégule pas, elle ne se donne pas à elle-même son ordre propre, mais elle le reçoit de la Parole de Dieu, qu’elle écoute dans la foi et qu’elle cherche à comprendre et à vivre».
«Une foi sans amour ne serait plus une authentique foi chrétienne», a également affirmé le pape au cours de cette homélie où il a semblé fatigué. Quant au cardinal italien Fernando Filoni, chargé de prendre la parole au nom des autres nouveaux cardinaux au début de la cérémonie, il a assuré pour sa part que le martyre, les souffrances et les persécutions ne manquaient pas, aujourd’hui encore, dans l’Eglise.
La veille, Benoît XVI avait présidé un consistoire ordinaire public pour la création de 22 nouveaux cardinaux, dont 18 électeurs de moins de 80 ans. Au cours de cette cérémonie solennelle, il avait appelé tous les membres du collège cardinalice à servir l’Eglise avec «la fidélité et le courage des martyrs», à se conformer à la logique du Christ et non à celle du monde, faite de «pouvoir et de gloire». La curie romaine est actuellement secouée par des révélations relayées pas les médias faisant apparaître des luttes internes de pouvoir.
Après ce nouveau consistoire, le 4e du pontificat de Benoît XVI, le collège cardinalice compte 213 membres, dont 125 électeurs en cas de conclave. Parmi les cardinaux électeurs, 67 proviennent d’Europe et 15 d’Amérique du Nord. L’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie et l’Océanie comptent au total 43 cardinaux électeurs. (apic/imedia/ami/mp)
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