Le dialogue est la seule solution à l’impasse politique
Dakar, 20 février 2012 (Apic) Les violences croissantes de la campagne électorale au Sénégal sont inacceptables, estime l’abbé Alphonse Seck, vicaire général de l’archidiocèse de Dakar. « Nous sommes désormais dans une impasse politique totale. Il faut absolument instaurer un dialogue entre les parties avant qu’il ne soit trop tard. Le dialogue est la seule solution pour le bien de la nation», a déclaré à l’agence missionnaire MISNA celui qui est aussi secrétaire général de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Sénégal.
Indépendamment des revendications légitimes pour le respect de la Constitution, les gens croulent sous le poids des problèmes quotidiens, à commencer par la vie chère et les lacunes du système sanitaire, estime l’abbé Seck. Sans se prononcer sur la légalité de la troisième candidature controversée du président sortant Abdoulaye Wade, le prêtre précise néanmoins que « ceux qui sont vraiment objectifs ne peuvent pas dire que rien de bon n’a été fait au Sénégal ces douze dernières années, mais il reste encore beaucoup à faire ».
Tout en ne cachant pas ses inquiétudes pour l’élection présidentielle du 26 février, le vicaire général se dit confiant : « Les Sénégalais peuvent compter sur maintes ressources et le dialogue est depuis longtemps reconnu comme une de leurs vertus. C’est pourquoi nous appelons l’opposition et le régime à négocier afin d’éviter le pire ».
Par ailleurs, Ousmane Ngom, ministre de l’Intérieur, a présenté dimanche 19 février, des excuses officielles et publiques, après le jet par la police d’une grenade lacrymogène dans une mosquée de Dakar.
Lors d’un affrontement entre manifestants et policiers, vendredi 17 février, un policier a lancé une grenade lacrymogène qui a atteint l’intérieur de la mosquée où s’étaient réfugiés des manifestants qui avaient jeté des pierres aux forces de l’ordre. Cet incident a provoqué une levée de boucliers au sein de la puissante confrérie des Tidjane, propriétaire des lieux. Les hommes politiques et la presse ont qualifié l’incident de « bavure policière » et de « profanation d’un lieu de culte ».
Samedi, à la demande de la famille du khalife général des Tidjane, Ousmane Ngom s’était rendu à Tivaoune, à 92 km au nord de Dakar, pour présenter de vive voix ses « regrets et excuses ». Il a déploré, en revanche, »l’exploitation, à des fins politiques qui est faite de l’incident », faisant remarquer qu’au Sénégal, « politique et religion ont longtemps cheminé de manière harmonieuse, chacune évoluant séparément, en gardant sa spécificité ». Les autorités politiques ont toujours entretenu les meilleures relations avec les chefs religieux. « L’exercice du culte doit être séparé de l’action politique et je voudrais que nous autres acteurs politiques éloignions nos manifestations des mosquées », a-t-il conclu. (apic/misna/ibc/mp)
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