Rome: ›L’Osservatore Romano’ s’interroge sur l’euthanasie dans la campagne électorale française

Le grand retard de la France dans la médecine palliative

Rome, 21 février 2012 (Apic) Dans un éditorial en Une du 22 février 2012, L’Osservatore Romano s’interroge sur les «tentations d’euthanasie» qui réapparaissent à l’approche des élections présidentielles françaises. Le ›quotidien du Vatican’, en s’appuyant sur la publication récente d’un rapport sur la fin de vie, pointe «le grand retard» de la France en matière de «connaissance des principes de la médecine palliative».

«Pourquoi le récent débat en vue des prochaines élections présidentielles voit-il réapparaître des tentations d’euthanasie, malgré la présence d’une loi qui, entre autres, permet à quiconque est en mesure de manifester son désaccord à l’égard de traitements jugés extraordinaires de renoncer à ceux-ci ?», s’interroge ainsi l’éditorialiste de L’Osservatore Romano.

Dans cet article, Ferdinando Cancelli, professeur de médecine à Rome, revient sur les résultats du rapport remis le 14 février dernier au chef du gouvernement français par l’Observatoire national de la fin de vie, créé deux ans plus tôt. Il pointe «le manque de connaissance» et «l’application encore plus insuffisante» de la loi Leonetti de 2005, sensée «protéger les droits des malades en phase terminale».

La fausse solution de l’euthanasie

Plus encore, au vu du rapport, l’éditorialiste déplore en France «le grand retard dans la connaissance des principes de la médecine palliative». Il qualifie alors cette dernière de «troisième voie qui, avec humanité et compétence, permet d’éloigner aussi bien les disproportions des traitements que la fausse solution de l’euthanasie».

Reprenant ensuite des propos de la Française Marie de Hennezel, l’auteur de l’article se demande «comment il est possible que, dans un pays comme la France, qui possède l’une des législations les plus soignées, détaillées et modernes en la matière, on n’accomplisse pas tous les efforts dans la pédagogie de cette loi méconnue du grand public et des soignants». Psychologue et spécialiste des soins palliatifs, Marie de Hennezel a récemment démissionné de l’Observatoire national de la fin de vie, contestant le rapport à peine publié.

La question de la fin de vie s’est invitée dans la campagne en cours en vue des élections présidentielles, opposant particulièrement les deux principaux candidats. Le candidat socialiste, François Hollande, s’est dit partisan d’une «assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité». De son côté, le candidat de droite et président sortant, Nicolas Sarkozy, s’est déclaré opposé à une évolution législative sur la fin de vie et l’euthanasie.

En septembre dernier, déjà, L’Osservatore Romano dénonçait les situations dans lesquelles «la qualité de la vie» semble être «le seul critère de jugement» et fustige «ceux qui décident si une existence est ›indigne’». Ferdinando Cancelli faisait alors référence à l’affaire dans laquelle un médecin urgentiste de Bayonne (France) était soupçonné d’avoir donné la mort à sept personnes en fin de vie. (apic/imedia/ami/mp)

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