L’un des auteurs présumés de fuites de documents confidentiels du Vatican parle à la télé

Le corbeau dénonce le ’royaume de l’hypocrisie’

Rome; 23 février 2012 (Apic) La chaîne privée italienne La7 a diffusé, dans la soirée du 22 février 2012, l’interview d’un homme présenté comme l’un des auteurs des fuites de documents confidentiels du Vatican récemment rendus publics par la presse. Si le Saint-Siège n’a pas réagi à cet énième épisode dans l’affaire dite des ›Vatileaks’, nombreux sont ceux qui, le lendemain, au Vatican, mettaient en doute la véracité de ce témoignage.

La voix déformée, le visage dans l’obscurité, caché par une écharpe, des lunettes et un bonnet, l’homme interrogé par l’émission Gli intoccabili (les intouchables) a déclaré travailler au Vatican «depuis une vingtaine d’années». Visiblement italien, il a assuré que son acte était «un geste de colère» face à «une sorte d’omerta» au sein du Vatican, décrit comme «le royaume de l’hypocrisie».

Celui que les médias italiens ont baptisé «le corbeau» a déploré que le Vatican soit «un monde, un pays, où l’on peut entrer, provoquer un carnage, et s’en aller tranquillement», où «24 heures plus tard personne ne peut fourrer son nez dans ce qui s’est passé». Il a aussi évoqué l’ancienne affaire inexpliquée de l’enlèvement et de la disparition d’Emanuela Orlandi, la fille d’un employé du Vatican, en 1983. «Une fillette disparaît, a-t-il ainsi affirmé, et pendant 30 ans on ne parvient pas à trouver quelqu’un qui dise quelque chose sur la manière dont elle a pu disparaître».

Présenté comme «l’homme qui transmet à la presse des documents secrets du Vatican», cet inconnu serait en particulier à l’origine de la diffusion par La7 de lettres envoyées courant 2011 au pape et au secrétaire d’Etat par Mgr Carlo Maria Viganò. Dans ces courriers, celui qui était à l’époque le ›numéro deux’ du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican évoquait des «malversations» au sein de l’administration vaticane et y dénonçait la gabegie.

Après avoir publié plusieurs communiqués suite aux ›révélations’ de la presse italienne les semaines passées, le Saint-Siège a préféré garder le silence. Cependant plusieurs sources vaticanes ont indiqué à I.MEDIA que ce témoignage semblait peu crédible. «C’est un acteur», ont assuré plusieurs personnes interrogées.

L’acharnement des médias

Il semble qu’une partie de la presse de la péninsule ait choisi de s’en prendre au Vatican. Dans cette obstination, une émission célèbre de la chaîne publique RAI a diffusé dans la soirée du 22 février une «note interne» du directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, datant de janvier dernier et évoquant «les zones d’ombres» qui demeurent dans l’affaire de la disparition d’Emanuela Orlandi.

Le 23 février, l’hebdomadaire L’Espresso a quant à lui publié un article, anonyme, déplorant les «prix exorbitants» des voyages à l’étranger du pape pour les journalistes qui souhaitent l’accompagner, estimant que ces tarifs servent à «couvrir également le coût du voyage pour la délégation pontificale».

Au Vatican, nombre d’observateurs font remarquer que toutes ces affaires – italiennes pour la plupart – sont le fait de médias ›orphelins’ des frasques de l’ancien président du Conseil, Silvio Berlusconi. «L’administration américaine a eu Wikileaks, le Vatican a maintenant son Vatileaks, des fuites de documents qui sèment la confusion et le trouble et jettent le discrédit sur le Vatican», déplorait pour sa part mi-février le directeur du Bureau de Presse du Saint-Siège.

Quant à Benoît XVI, s’il a assuré qu’il préférerait que l’on parle «de la foi exemplaire de l’Eglise de Rome», il a également appelé les chrétiens au «non conformisme» face au «pouvoir des médias», le «pouvoir de l’apparence qui compte finalement plus que la réalité elle-même». (apic/imedia/ami/mp)

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