Rome: La communauté Sant’Egidio organise un colloque sur le «printemps arabe»
Rome, 29 février 2012 (Apic) De nombreux représentants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont participé, le 29 février 2012 à Rome à un colloque organisé par la communauté Sant’Egidio sur le «printemps arabe». En marge de la rencontre, Andrea Riccardi, ministre italien chargé de la coopération et fondateur de cette communauté, a assuré que l’on ne pouvait «laisser seul le peuple syrien» dans la dramatique situation qu’il traverse, rapporte mercredi l’agence I.MEDIA.
La rencontre organisée par la communauté Sant’Egidio, dont le fondateur, Andrea Riccardi, est récemment devenu ministre du gouvernement italien de Mario Monti, a réuni un très riche panel d’intervenants autour des 3 différents grands thèmes du «nouveau pacte national» auquel aspirent les pays touchés par le «printemps arabe»: citoyenneté et statut de l’autre, nation et pluralité religieuse, une nouvelle page dans les relations entre monde arabe et Occident.
Les interventions ont soulevé de façon particulière les questions de la citoyenneté et du statut des minorités, notamment chrétiennes, de la pluralité religieuse et de la relation entre la démocratie et la religion. La pluralité religieuse au Moyen-Orient exige «un nouveau cadre de coexistence», a particulièrement souligné Andrea Riccardi. Pour le ministre italien, le printemps arabe est une «véritable surprise du siècle qu’est ouvert avec les attentats du 11 septembre».
Quant au cheikh Rachid Ghannouchi, chef de file du mouvement islamiste tunisien «Ennahdha», tenant d’un islamisme modéré et grand vainqueur des récentes élections en Tunisie, il a relevé à l’occasion du «printemps arabe» le retour des valeurs en politique et en économie. Il a insisté en outre sur les connexions trop souvent faites entre religion et terrorisme, ou encore entre laïcité et démocratie, alors que ces notions «ne vont pas forcément ensemble». A ses yeux, le grand défi réside dans l’union de «toutes les forces modérées», religieuses ou non, pour «protéger les exigences du peuple».
Pour le Père franciscain Pierbattista Pizzaballa, Custode de Terre sainte, «les chrétiens du Moyen-Orient ne doivent plus chercher une protection ou des garanties, mais une pleine participation» à la vie publique.
«Nous ne devons pas laisser seul le peuple syrien», a encore affirmé Andrea Riccardi, interpellé par les journalistes en marge de la rencontre, sur la proposition d’ouvrir un couloir humanitaire pour venir en aide aux populations civiles du pays en proie à la violente répression du régime.
«Il y a beaucoup d’hypothèses qui vont en ce sens», a encore assuré le ministre, soulignant que la situation syrienne était dramatique. «Permettez-moi toutefois de souligner la force du peuple syrien, a-t-il ajouté, qui continue à protester malgré une dure répression».
Aux yeux d’Andrea Riccardi, le monde arabe, l’Union européenne et l’ONU ont une responsabilité, «mais il est certain que l’on ne sort pas de la crise par des moyens violents». Il a ainsi semblé écarter l’idée d’une intervention militaire en Syrie. Sant’Egidio est une organisation catholique de laïcs née en 1968 à Rome. Elle est principalement engagée dans l’aide aux pauvres, contre la peine de mort et dans le dialogue interreligieux. Par ailleurs, son rôle de médiation politique pour la paix, notamment dans plusieurs conflits africains, est reconnu. La communauté est ainsi surnommée «l’ONU du Trastevere», du quartier de Rome où elle est née et où elle a toujours son siège. (apic/imedia/mm/be)
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