La reconnaissance des droits des homosexuels divise
Genève, 7 mars 2012 (Apic) Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a organisé, pour la première fois le 7 mars 2012 à Genève, un débat sur les discriminations basées sur l’orientation sexuelle. Les pays membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI) et une majorité de pays africains se sont opposés à la reconnaissance des droits des homosexuels.
«Le moment et venu d’agir», a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, aux membres du Conseil. «Des vies sont en jeu et c’est le devoir de l’ONU de protéger les droits de toute personne (…) Laissez-moi dire à ceux qui sont lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenres, vous n’êtes pas seuls», a-t-il affirmé lors d’un débat de trois heures portant sur les discriminations touchant l’orientation sexuelle.
Selon une étude, assassinats, mauvais traitements ou violences sexuelles sont fréquents envers les homosexuels dans le monde. 76 pays au moins possèdent des législations discriminatoires envers les homosexuels, relève l’ats. «Ces lois sont un anachronisme et violent les droits fondamentaux», a estimé le Haut Commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay. Et de poursuivre: «Nous avons aujourd’hui la possibilité d’ouvrir un nouveau chapitre pour mettre un terme aux violences et discriminations dans le monde».
L’appel des responsables de l’ONU a reçu un accueil positif de la part des pays occidentaux et latino-américains. L’ambassadeur de Suisse, Dante Martinelli, a souhaité que ce débat soit «un premier jalon d’un processus à plus long terme».
Pour l’OCI par contre, «la légitimation de l’homosexualité est inacceptable», a affirmé l’ambassadeur du Pakistan. Il a condamné «vivement la tentative de certains Etats d’introduire la notion d’orientation sexuelle dans le cadre international des droits de l’homme». A ses yeux, l’homosexualité peut créer des troubles sociaux, dégénérer en pédophilie et inceste, avoir un impact négatif pour la santé et affaiblir l’institution de la famille.
Au nom d’une majorité d’Etat africains, le Sénégal – à l’instar du Pakistan – a demandé «le respect des différences culturelles», s’opposant à une «tentative de détournement du système des droits de l’homme pour imposer un concept basé sur le comportement de certains individus». (apic/ats/newsnet/ggc)
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