Encore des fossés à cause de la guerre civile
Mannar, 9 mars 2012 (Apic) Le parti bouddhiste nationaliste Jathika Hela Urumaya (JHU), membre de la coalition au pouvoir au Sri Lanka, a demandé l’arrestation de l’évêque catholique Mgr Rayappu Joseph. Le parti réagit à l’appel lancé par le prélat à l’ONU, lui demandant de faire pression pour que le gouvernement sri-lankais reconnaisse ses crimes de guerre.
La lettre de l’évêque de Mannar, un diocèse situé dans la partie tamoule de l’île, est cosignée par trente prêtres issus de différentes parties du Sri Lanka. Elle est adressée au Conseil des droits de l’homme de l’ONU (UNHRC), dont la 19e session a lieu jusqu’au 23 mars à Genève. Les religieux demandent à l’ONU d’intervenir auprès du gouvernement de Mahinda Rajapaksa, afin qu’il « assure la protection des droits de l’homme et mette en œuvre le processus de réconciliation », a rapporté Eglises d’Asie (EDA), l’agence des Missions étrangères de Paris (MEP), le 8 mars.
« Etant donné le refus constant du gouvernement sri-lankais de reconnaître la réalité ainsi que l’étendue des abus et la gravité des crimes commis durant le conflit, nous pensons qu’un organisme international et indépendant saurait mieux traiter ces questions et faire toute la vérité sur les faits. Nous demandons donc au Conseil d’agir de façon décisive auprès du Sri Lanka, afin que les populations puissent commencer leur travail de réconciliation. »
Le cardinal Ranjith, archevêque de Colombo et président de la Conférence épiscopale du pays, a vigoureusement dénoncé l’appel des 31 membres du clergé. Selon lui, il ne représente pas le point de vue de l’Eglise catholique au Sri Lanka. Le Jathika Hela Urumaya (JHU) a pour sa part accusé Mgr Rayappu Joseph de complicité avec les séparatistes tamouls. Il a demandé des sanctions immédiates pour les propos anti-gouvernementaux de l’évêque.
Le 6 mars, le parti bouddhiste, dont les démêlés avec l’Eglise catholique sont récurrents, a appelé à l’arrestation et à l’emprisonnement immédiat de l’évêque de Mannar et des 30 signataires. Le même jour, de nombreux médias sri-lankais, tel le « Tamil Guardian », ont souligné que l’appel lancé à l’ONU par « un évêque connu pour son combat en faveur des droits des Tamouls » était représentatif du fossé ethnique qui semble s’être creusé au sein des catholiques du pays. La presse estime que Mgr Rayappu Joseph désavoue le chef de l’Eglise sri-lankaise, d’origine cinghalaise. (apic/eda/nd)
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