Quatre court-métrages présentent le destin tragique de ces expulsés

Suisse: Que sont devenus les migrants du film «Vol spécial»?

Genève, 21 mars 2012 (Apic) À l’occasion de la diffusion du film Vol Spécial le 28 mars à sur la TV romande (RTS 1), une série inédite de portraits filmés des expulsés de retour au pays sera mise en ligne sur le site www.volspecial.ch. Que sont devenus ces migrants du Centre Frambois au terme de leur vol retour?

Le Camerounais Geordry craignait plus que tout de retourner dans le pays où toute sa famille avait été assassinée. Une crainte hélas fondée: arrivé à Yaoundé, il est emprisonné et torturé. Des documents confidentiels liés à sa procédure d’asile avaient abouti dans les mains des autorités camerounaises. D’autres expulsés ont connu différents destins, mais à chaque fois avec son lot de tragédie: séparation avec le reste de la famille resté en Suisse, exclusion sociale, … Avec parfois une seul idée en tête: retourner en Suisse pour tenter de se refaire une vie sociale et familiale.

La tragédie représentée par un échec migratoire

Après le tournage du film Vol Spécial, lauréat du Prix œcuménique du Festival de Locarno, le cinéaste Fernand Melgar et la productrice Elise Shubs ont tout fait pour garder contact avec les expulsés. Semaine après semaine, ils ont pris conscience de la tragédie que représente un échec migratoire et la masse de souffrance qui l’accompagne. Avec le soutien de la RTS, ils ont décidé d’aller retrouver dans leur pays ceux qui ont tout perdu. Un périple qui les a conduits au Sénégal, en Gambie, au Kosovo et au Cameroun, et qu’ils ont décidé de transmettre sous la forme d’un webdocumentaire en quatre portraits d’environ 10 minutes chacun. Cette série sera suivie avant l’été d’autres portraits d’expulsés en République Démocratique du Congo, au Nigeria et à Aigle.

Déjà visionné par des dizaines de milliers de spectateurs, le film Vol Spécial a provoqué en Suisse et à l’étranger un débat sans précédent. Pour la première fois en Europe, un centre de détention administrative, celui de Frambois dans le canton de Genève, qui constitue le dernier maillon de la chaîne migratoire en Suisse, acceptait d’ouvrir ses portes à un cinéaste. Alors que près de 600’000 personnes «sans statut légal» sont internées chaque année sur le continent, les spectateurs ont découvert avec effroi le destin tragique d’une poignée de sans papiers privés de liberté et expulsés par la force. (apic/com/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/quatre-court-metrages-presentent-le-destin-tragique-de-ces-expulses/