Cuba, ’Vatileaks’, diplomatie, Chine
Rome, 22 mars 2012 (Apic) Les enjeux du voyage du pape à Cuba, la crise des ’Vatileaks’, les relations difficiles avec la Chine sont autant de sujets que le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, aborde dans une interview publiée le 22 mars 2012, par le quotidien italien « La Stampa ».
Pour la première fois, le cardinal Bertone, âgé de 77 ans, se confie sur quelques dossiers récents délicats. A ses yeux, la visite de Benoît XVI à Cuba, du 26 au 28 mars, « facilitera le processus de développement vers la démocratie et ouvrira de nouveaux espaces de présence et d’activité ». Le prélat italien se réjouit aussi des pas en avant accomplis dans le domaine de la liberté religieuse, grâce à l’action de Jean Paul II et de l’Eglise cubaine. Selon lui, « la visite ne sera pas instrumentalisée par le gouvernement ».
Au sujet de la récente affaire baptisée ’Vatileaks’, le secrétaire d’Etat reconnaît que certains ont lu ces fuites de documents comme une manœuvre contre lui, peut-être pour le délégitimer aux yeux du pape et de l’Eglise. « Personnellement, je ne m’explique pas cette agressivité soudaine, remarque le cardinal Bertone, à partir du moment où je n’ai pas changé dans mon caractère, dans l’esprit de fraternité qui me caractérise en tant que salésien, malgré mes défauts ». Et d’ajouter: « Je n’ai pas changé dans mon ’bene facere’ envers tous, dans une fidélité rigoureuse et dévouée au pape, qui est mon ’étoile polaire’ ».
Evoquant les possibles situations de corruption et de mauvaise gestion au Vatican, le prélat remarque que « malheureusement, il n’est possible, dans aucun organisme, de garantir l’honnêteté requise de la part de tous les fonctionnaires ». « Cela vaut aussi pour ceux qui travaillent ici, assure-t-il, mais dans une mesure certainement inférieure à celle montrée du doigt par les médias ».
Quant à la transparence financière du petit Etat, le cardinal Bertone affirme que « la collaboration avec les autorités d’autres pays existait avant la promulgation de la loi contre le blanchiment d’argent », au printemps 2011. Sur l’application réelle des nouvelles mesures, il souligne que « tout cela permet de collaborer au niveau international, en cas de demandes de la part des magistrats également, et en référence aussi à ce qui a eu lieu avant l’entrée en vigueur de ces nouvelles normes ». Le Vatican a été accusé par la presse italienne de ne pas appliquer la nouvelle législation aux opérations survenues, avant son entrée en vigueur.
Interrogé sur la relative discrétion du Vatican sur le ’Printemps arabe’, le cardinal Bertone rappelle la ligne du Saint-Siège en matière de diplomatie. Il « ne rend pas toutes ses interventions publiques, mais agit avec discrétion sur chaque point chaud du globe, en cherchant à aider à venir à bout des difficultés et en rappelant les principes fondamentaux de la dignité de l’homme et du droit ». Le cardinal italien souligne encore l’inquiétude du Vatican devant « l’explosion de la violence en Syrie ».
Au sujet des relations diplomatiques avec la Chine, le secrétaire d’Etat précise que le dialogue « n’est pas interrompu, bien qu’il soit parfois difficile et ’en courant alternatif’ ». Mais le cardinal Bertone n’exclut pas, a priori, un voyage du pape en Asie.
Quelques semaines après le consistoire du 18 février 2012, le cardinal Bertone assure que « les statistiques laissent voir un positionnement équilibré des consistoires de Benoît XVI ». « On ne peut pas exiger qu’à chaque consistoire l’alchimie soit faite entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest ». « Il y a une variété de sièges épiscopaux cardinalices qui représentent les Eglises locales les plus significatives, y compris avec leurs problématiques, poursuit-il, et il y a des postes du gouvernement central de l’Eglise qui peuvent demander l’appartenance à telle nationalité plutôt qu’à une autre ».
Sur l’hypothèse de sa propre démission – un des ’marronniers’ de la presse spécialisée du Vatican –, le cardinal italien précise que son « service continue ou s’achève selon la volonté et la décision de Benoît XVI ». (apic/imedia/cp/mm/ggc)
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