Des hauts lieux de la foi américaine et de la révolution cubaine
Rome, 23 mars 2012 (Apic) En route pour le Mexique, Benoît XVI arrivera le 23 mars 2012 en milieu d’après-midi (heure locale) à León. Au cours de son séjour mexicain, il fera également étape à Guanajuato avant de continuer vers l’île de Cuba pour s’arrêter à Santiago et à La Havane, étapes du voyage que Jean Paul II effectua 14 ans plus tôt. Au cours de ce voyage de 6 jours, Benoît XVI visitera plusieurs hauts lieux de la foi en Amérique latine mais aussi de la révolution cubaine.
Première étape du voyage de Benoît XVI, León est une ville industrielle au cœur du Mexique, dans l’Etat de Guanajuato. 4e plus grande ville du pays avec 1,4 million d’habitants, elle est également connue comme «Capitale de la chaussure», desservant à la fois les marchés nationaux et internationaux. León est représentée par le lion, que l’on retrouve comme symbole de bienvenue au sommet du célèbre ›Arco de la Calzada’ dans le centre historique au style architectural typiquement colonial.
En l’absence de nonciature apostolique, le pape sera accueilli au Mexique dans une école tenue par une congrégation de religieuses, le collège ›Santísima Virgen de Miraflores’. Benoît XVI se rendra le 24 mars à Guanajuato, à une soixantaine de kilomètres de León, pour une rencontre officielle avec le président de la République Felipe Calderón. Capitale de l’Etat avec 70’000 habitants, Guanajuato se situe à 300 kilomètres environ au Nord-Est de la capitale, Mexico.
A l’époque de la colonisation espagnole, l’exploitation des mines d’or et d’argent a permis son expansion. Puis Guanajuato fut le siège du mouvement indépendantiste national mexicain. Aujourd’hui, le centre historique, entouré de collines aux maisons colorées, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son ›Festival International Cervantino’ est devenu un évènement artistique mondial et en fait une ville très touristique. La rencontre entre le pape et le président aura lieu à la ›casa del Conde Rul’, palais en pierres roses qui fut le siège officiel du gouvernement à la fin du 18e siècle.
Le 25 mars, le pape présidera une grande messe au ›Parque del bicentenario’ de León, où quelque 350’000 fidèles sont attendus, au pied de la colline du ›Cubilete’ où se trouve le sanctuaire du Christ-Roi. Ce parc est un espace commémoratif pour célébrer le bicentenaire de l’indépendance du pays. Le lieu du sanctuaire, en haut de la colline, fut choisi pour sa situation, au centre géographique exact du Mexique. Le premier sanctuaire avait été érigé par des catholiques de la région à l’époque de la guerre des Cristeros (fin des années 1920). Le gouvernement mexicain l’avait fait dynamiter en 1928.
Aujourd’hui, c’est un monument de style Art Déco au sommet duquel se trouve la statue du Christ (20 mètres de haut et 80 tonnes), entourée de deux anges portant chacun une couronne: la couronne royale et la couronne d’épines. C’est la deuxième statue la plus imposante du monde après le célèbre Christ del Corcovado à Rio de Janeiro. Le Christ du ›Cubilete’ est tourné vers la ville de León, considérée comme le cœur religieux du pays. Avant de célébrer la messe au pied du sanctuaire, Benoît XVI le survolera en hélicoptère.
Dans la journée du 26 mars, Benoît XVI quittera le Mexique pour l’île de Cuba. Il arrivera à Santiago de Cuba, ville portuaire au Sud-Est de l’île et deuxième ville du pays avec 400’000 habitants. Elle fut le lieu de l’opération décisive dans la guerre hispano-américaine, et fut nommée «berceau de la Révolution» par Fidel Castro. Santiago regroupe différents établissements industriels qui font de cette ville un grand centre d’exportation. Patrie de la salsa, aujourd’hui très vivante quant à son activité littéraire, musicale ou politique, elle rivalise avec La Havane.
Le pape présidera la messe où sont attendus 200’000 fidèles sur la Place de la Révolution (place Antonio Maceo), au même endroit que Jean Paul II en 1998. Benoît XVI y célèbrera le 400e anniversaire de la découverte de la statue de la Vierge de la charité du Cuivre, patronne de l’île. Selon une légende, 3 pêcheurs recueillirent en 1612 la statuette en bois d’une Vierge à l’enfant abandonnée un siècle plus tôt par un chef indigène. En 1898, les troupes du général Calixto Garcìa s’étaient prosternées à ses pieds, premier acte de Cuba libre. Elle fut proclamée patronne de Cuba en 1916.
Cette statuette de bois de la Vierge est normalement conservée au sanctuaire de la Vierge de la Charité à El Cobre, où Benoît XVI se rendra le lendemain en visite privée. Haut lieu de pèlerinage, c’est l’endroit le plus vénéré par les catholiques cubains.
La Havane sera la dernière étape du périple de Benoît XVI. Il y célèbrera la messe le 28 mars. Capitale, port, centre économique et politique de Cuba, La Havane est la plus grande ville des Caraïbes (2 millions d’habitants) et le port le plus important d’Amérique. Elle fut aussi la ville la plus fortifiée du Nouveau Monde.
14 ans après la visite historique de Jean Paul II, la Place de la Révolution ›José Marti’, avec son portrait géant du Che, accueillera Benoît XVI pour la messe qu’il célébrera le 28 mars. En 1998, le pontife polonais y avait émis le voeu «que Cuba s’ouvre au monde et le monde à Cuba», rappelant aux Cubains que leur île possédait «une âme chrétienne» la conduisant «à avoir une vocation universelle». Des propos que Benoît XVI ne devrait pas manquer de reprendre à son compte. (apic/imedia/mf/bb)
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