Responsables catholiques invités à des «sessions d’études»

Chine: La pression des autorités s’accentue sur le clergé «clandestin»

Pékin, 23 mars 2012 (Apic) Dans la province du Zhejiang, les responsables de la communauté catholique «clandestine» du diocèse de Wenzhou font face à des pressions de la part des autorités chinoises, qui voudraient les voir rejoindre les rangs des «officiels». Le gouvernement chinois a visiblement engagé une campagne visant à affaiblir les communautés «clandestines», rapporte l’agence catholique «Eglises d’Asie».

Selon des sources ecclésiales locales, l’évêque coadjuteur de Wenzhou, Mgr Peter Shao Zhumin, ainsi que son chancelier, le Père Paul Jiang Sunian, ont été interpellés par la police le 19 mars dernier. Selon le terme utilisé par la police lorsqu’elle retient des personnes afin d’exercer des pressions sur elle, ils ont été «invités» à suivre des «sessions d’études» pour un temps qui, semble-t-il, devrait durer une semaine. A des membres de l’Eglise locale, les autorités ont déclaré que si Mgr Shao et le Père Jiang «se montraient suffisamment intelligents dans leur apprentissage», ils seraient relâchés sous peu. Dans le cas contraire, leur privation de liberté durerait plus longtemps. Ainsi que le résume une source ecclésiale, «cela signifie que leur libération dépendra du fait qu’ils accepteront ou non la politique religieuse du gouvernement», relève Eglises d’Asie.

Agé de 49 ans, Mgr Shao dirige la partie clandestine du très dynamique diocèse de Wenzhou. Nommé par le Saint-Siège, il a été ordonné évêque en 2007. En vue de favoriser l’unité entre les deux communautés, Rome avait décidé de nommer comme ordinaire du diocèse le Père Vincent Zhu Weifang, membre du clergé «officiel», avec comme coadjuteur le Père Shao. Il était entendu qu’à la mort de Mgr Zhu, déjà âgé, Mgr Shao prendrait la direction du diocèse tout entier, mais en réalité, aujourd’hui Mgr Zhu administre la partie officielle du diocèse et Mgr Shao sa partie clandestine, sans que l’unité recherchée par le Saint-Siège n’ait été réalisée.

Prêtres clandestins invités à «prendre le thé»

Dans ce contexte, la pression des autorités chinoises ne s’exerce pas que sur Mgr Shao et son chancelier. Parmi les 17 prêtres «clandestins» du diocèse, plusieurs ont, ces jours derniers, été convoqués par la police «à prendre le thé», litote par laquelle les Chinois désignent ce moment où des personnes sont convoquées par la Sécurité publique pour se voir expliquer ce que les autorités attendent d’elles. Selon les informations disponibles, certains de ces prêtres n’ont passé que quelques heures dans les locaux de la police, d’autres y sont toujours retenus.

Selon plusieurs observateurs de l’Eglise en Chine, ce qui se passe actuellement à Wenzhou fait écho à de semblables pressions policières exercées à l’encontre des communautés catholiques en Mongolie intérieure et dans le Hebei. La multiplication des incidents ciblant les «clandestins» laisse craindre la mise en œuvre d’une politique décidée au niveau central, à Pékin. Le 2 mars, un haut responsable du Front uni a déclaré devant une assemblée réunissant des dirigeants de l’Association patriotique et de la Conférence épiscopale «officielle», qu’il espérait que les deux organisations s’attacheraient à obtenir de bons résultats en vue de «la conversion de la communauté clandestine». (apic/eda/bb)

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