Les descendants d’esclaves pas oubliés
Santiago, 27 mars 2012 (Apic) Dans la matinée du 27 mars 2012, avant de quitter Santiago de Cuba pour La Havane, Benoît XVI s’est recueilli devant la statue de la Vierge conservée au sanctuaire de Notre-Dame de la Charité du Cuivre (Cuba) et qui fait l’objet d’une grande vénération populaire, priant notamment pour les prisonniers cubains et les descendants d’esclaves.
Le pape a assuré aux Cubains avoir confié à Marie «l’avenir de leur patrie qui avance sur des chemins de rénovation et d’espérance».
Devant un groupe de fidèles, Benoît XVI a déclaré qu’il avait, «supplié la Vierge très sainte pour les besoins de ceux qui souffrent, de ceux qui sont privés de liberté, séparés des personnes qui leur sont chères ou qui connaissent de graves moments de difficulté».
Selon la Commission cubaine des Droits de l’homme et de la réconciliation nationale (CCDHRN), il resterait aujourd’hui 50 prisonniers politiques dans les prisons de l’île. Le régime a toutefois peu à peu abandonné les détentions longues, favorisant les arrestations continues mais brèves. L’impact sur l’opinion politique mondiale est moindre, mais l’effet dissuasif sur l’opposition demeure fort. Ainsi, en 2010, le régime aurait procédé à quelque 2’000 arrestations brèves, et à 4’000 en 2011.
L’Eglise catholique, qui en l’absence de toute opposition autorisée à Cuba joue depuis quelques années un rôle de médiateur avec le régime, a récemment permis la libération de nombreux prisonniers. En 2010, l’archevêque de La Havane, le cardinal Jaime Ortega, a en effet ouvert un dialogue inédit avec Raul Castro. 130 prisonniers ont alors été libérés. A l’approche de la visite du pape, le régime a également accordé l’amnistie à 3’000 détenus.
«J’ai déposé également dans le Cœur Immaculé de la Vierge les jeunes, a ajouté le pape dans son bref discours, pour qu’ils soient d’authentiques amis du Christ et pour qu’ils ne succombent pas à des propositions qui laissent la tristesse derrière elles». Par cette phrase, Benoît XVI a probablement fait allusion à la grande liberté sexuelle qui règne sur l’île de Cuba.
Le pape a aussi eu une pensée pour les «descendants de ceux qui arrivèrent à Cuba, venant d’Afrique, tout comme de la proche population d’Haïti qui souffre encore des conséquences du tremblement de terre d’il y a deux ans». C’est au début du 16e siècle, après le massacre des populations indigènes, qu’a débuté «l’importation» d’esclaves depuis l’Afrique vers Cuba, qui s’est intensifiée à la fin du 18e siècle. L’esclavage a été aboli un siècle plus tard.
Dans son discours, le pape a indiqué qu’il avait aussi prié pour les nombreux paysans de Cuba et leurs familles «qui désirent vivre intensément l’Evangile dans leurs foyers, et qui offrent également leurs maisons comme centres de mission pour la célébration de l’Eucharistie».
Plus largement, Benoît XVI a encouragé «tous les enfants de cette chère terre à continuer à édifier leur vie sur le roc solide qu’est Jésus-Christ, à travailler pour la justice, à être serviteur de la charité et persévérant au milieu des épreuves». «Que rien ni personne ne leur enlève la joie intérieure si caractéristique de l’âme cubaine», a-t-il lancé.
Le pape a enfin affirmé avoir «confié à la Mère de Dieu l’avenir de Cuba qui avance sur des chemins de rénovation et d’espérance, pour le plus grand bien de tous les Cubains». (apic/imedia/ami/mm/cp/js)
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