L’Eglise, une instance qui peut «mettre du sens dans les tuyaux d’Internet»

France: Les évêques réfléchissent aux enjeux éducatifs d’Internet

Lourdes, 28 mars 2012 (Apic) Réunis à Lourdes en Assemblée plénière de printemps, les évêques de France ont axé leur réflexion, le 27 mars 2012, sur les enjeux pédagogiques et éducatifs d’Internet, a rapporté le blog « Urbi&Orbi » du journal français « La Croix ».

Quelle nouvelle psychologie est en train d’émerger? Quel type de relations? Comment les apprentissages sont-ils modifiés? Comment se hiérarchise l’information? Quel nouveau rapport au savoir, à l’autorité à la vérité se met en place? Telles sont les questions qu’a posées Mgr Nicolas Brouwet, en ouverture de la journée. Le nouvel évêque de Tarbes et Lourdes dirige le groupe de travail « Internet et l’Eglise » mis en place au printemps 2011.

Manières de vivre modifiées

Jean Caron, qui est notamment professeur de philosophie au séminaire diocésain de Versailles, a présenté six domaines dans lesquels, selon lui, Internet modifie profondément les manières de vivre, la rationalité et les rapports aux autres, avec les avantages et les risques encourus, a relevé la journaliste Martine de Sauto.

Il y a tout d’abord le rapport au corps. Jean Caron a expliqué qu’aujourd’hui, ce n’est plus un professeur qui incarne la transmission du savoir. Il y voit un atout, puisque cela permet « une continuité dans l’acte d’apprendre », mais pose des questions sur le processus d’identification et la place de l’affectivité. Le virtuel permet de « franchir les limites du possible ». Mais il peut aussi effacer les frontières entre le réel et l’irréel, a-t-il souligné.

Le rapport au temps constitue aussi un domaine: « Comment les jeunes apprennent-ils à entrer dans la durée, la patience, la complexité des choses et l’intériorité? ». Il y a aussi l’esprit critique, qui permet d’échapper au conformisme et aux effets de mode. « Comment les aider à discerner le vrai du faux », a demandé le professeur. La relation à l’autre est le cinquième domaine dans lequel Internet intervient: « Le web reconfigure les relations, mais risque de favoriser les liens entre semblables plutôt que le vivre ensemble ». Le dernier domaine est l’unification: « Comment aider les jeunes à passer de ce savoir à une forme de sagesse? A avoir une tête bien faite comme disait Montaigne, plutôt qu’une tête bien pleine? »

« Mon objectif est de faire prendre conscience aux évêques de la profondeur des transformations en cours, qui vont encore s’accélérer, et de les aider à accompagner ce mouvement avec vigilance et confiance. L’Eglise, qui est le plus grand spécialiste de la transmission, peut aujourd’hui être une instance qui met du sens dans les tuyaux d’Internet », a-t-il précisé.

Usage intelligent d’Internet

Lors de cette journée, les évêques ont travaillé à identifier des priorités, notamment en matière de formation des jeunes à l’usage intelligent d’Internet. Leur réflexion concernait aussi les éducateurs et autres responsables de catéchèse, de mouvements et de séminaires.

A l’automne, les évêques français devraient aborder les enjeux pastoraux d’Internet. Il s’agira de penser à la manière dont l’Eglise peut et veut répondre aux défis du numérique, mais aussi à l’utilisation qu’elle peut en faire pour la pastorale, par exemple dans le domaine de la catéchèse. Une enquête sur le sujet a d’ores et déjà été lancée dans les diocèses de France. (apic/lacroix/ms/nd)

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