Leur désobéissance les a perdus
Rome, 29 mars 2012 (Apic) Quatre anciens membres de l’ordre basilien de saint Josaphat ont fait l’objet d’une «excommunication», en vertu du Code de droit canonique des Eglises orientales, a indiqué la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) le 29 mars 2012. Ils s’étaient «autoproclamés évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne», en 2008, et ont récemment tenté d’être reconnus par l’Etat ukrainien en tant qu’»Eglise orthodoxe gréco-catholique ukrainienne».
Dans une lettre adressée à Benoît XVI, en 2008, ces évêques se montraient très critiques envers les autorités du Vatican et pointaient du doigt une dérive générale de l’Eglise. Après s’être «autoproclamés évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne», en 2008, quatre anciens religieux – un Ukrainien, un Slovaque et deux Tchèques – ont fondé «l’Eglise orthodoxe gréco-catholique ukrainienne», en 2009, destinée aux fidèles les plus orthodoxes et déçus par l’Eglise gréco-catholique ukrainienne. Ils ont récemment tenté de faire reconnaître l’Eglise orthodoxe gréco-catholique ukrainienne par les autorités civiles ukrainiennes, ont expliqué le cardinal William Levada et Mgr Luis Ladaria, respectivement préfet et secrétaire de la CDF, dans une déclaration datée du 22 février 2012.
Par leur comportement, ils «continuent à défier l’autorité ecclésiastique, en portant atteinte moralement et spirituellement non seulement à l’ordre basilien de saint Josaphat et à l’Eglise gréco-catholique ukrainienne, mais aussi au Siège apostolique et à l’Eglise catholique toute entière».
Des représentants de l’Eglise ont tenté, dès le début de cette douloureuse affaire, de les dissuader de «tromper les fidèles, ce qui est arrivé pour beaucoup d’entre eux». Le Saint-Siège avait espéré «une repentance et un retour de ces religieux dans la pleine communion avec l’Eglise catholique». Mais les derniers événements, «dont la tentative – qui a échoué – d’une inscription auprès de l’Etat (ukrainien, ndlr) du groupe de ’Pidhirtsi’ sous le nom d’’Eglise orthodoxe gréco-catholique ukrainienne’, ont montré leur contumace».
En plus de la confusion que ce comportement suscite auprès de la communauté des fidèles, la CDF condamne le fait qu’ils calomnient «les représentants du Saint-Siège et de l’Eglise locale» et affirment que «l’autorité suprême de l’Eglise détiendrait une documentation qui confirmerait la pleine validité de leur ordination épiscopale».
C’est pourquoi la CDF, à la demande de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne mais aussi d’autres dicastères de la curie romaine, a déclaré «formellement ne pas reconnaître la validité de leurs ordinations épiscopales et de toutes les ordinations qui en résultent ou en résulteront». Les quatre soi-disant évêques ont été excommuniés en vertu de l’article 1459 § 1 du Code de droit canonique des Eglises orientales (CCEO). Il stipule que «les évêques qui, sans mandat de l’autorité compétente, ont administré à quelqu’un l’ordination épiscopale et celui qui de cette manière a reçu d’eux l’ordination, seront punis de l’excommunication majeure».
Le Vatican rappelle aussi qu’ils ont été reconnus coupables par le Tribunal ordinaire de l’Eglise archiépiscopale majeure ukrainienne des délits «d’usurpation illégitime d’office, de sédition et de haine contre certains hiérarques et de provocation à désobéir».
Markian Hitiuk, Robert Oberhauser, Eliás Dohnal et Metodèj Spirik ont été exclus de leur ordre au début des années 2000, par un décret confirmé par la Congrégation pour les Eglises orientales. Ils ont été ordonnés évêques en 2008 et ont informé Benoît XVI de l’événement par courrier, indiquant avoir agi «en obéissance» au pape, même s’ils étaient conscients qu’ils tombaient automatiquement sous le coup de l’article 1459 § 1 du CCEO. Les quatre anciens membres de l’ordre basilien de saint Josaphat n’ont pas donné le nom de leurs consécrateurs, soulignant néanmoins qu’ils étaient devenus évêques lorsque l’Eglise «martyre» subissait le joug du communisme.
Dans leur lettre datée du 3 mars 2008, ils s’en prennent particulièrement aux anciens cardinaux secrétaires d’Etat du Saint-Siège Agostino Casaroli et Angelo Sodano, ainsi qu’au préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, le cardinal Sandri.
Ils critiquent aussi les «conceptions hérétiques» enseignées par l’ensemble des facultés de théologie, «l’esprit d’apostasie» de certains représentants de l’Eglise, «le syncrétisme avec des religions païennes», la «présence d’évêques et de prêtres homosexuels et pédophiles», notamment au sein de l’Eglise gréco-catholique. (apic/imedia/cp/ggc)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse