Inde: Les hindouistes accusent les catholiques de la conversion forcée de 32 enfants dalits

Des allégations ’infondées et mensongères’

New Dehli, 2 avril 2012 (Apic) Les autorités du district d’Anand, dans le Gujarat,en Inde, ont ouvert une enquête sur des allégations de conversion forcée au catholicisme d’une trentaine d’enfants, en infraction aux lois édictées dans le cadre du Gujarat Freedom of Religion Act, loi anti-conversion en vigueur dans l’Etat depuis 2008, annonce l’agence d’information des Missions étrangères de Paris «Eglises d’Asie». Pour les catholiques, ces accusations sont des «allégations infondées, mensongères et calomnieuses».

Le Times of India a rapporté dans son édition du 28 mars que l’enquête concerne deux communautés chrétiennes accusées d’avoir procédé à des conversions de mineurs sans autorisation du responsable de district. La plainte contre l’Eglise catholique a été déposée par le Forum for Peace and Justice, basé à Petlad, une ville du district de Cambay, qui se définit comme une association de défense des droits des dalits (ex-intouchables).

L’organisation accuse l’Eglise catholique d’avoir procédé à la conversion forcée de 32 enfants dalits, au cours de deux cérémonies distinctes. Selon sa plainte, 17 enfants auraient été forcés à adhérer au christianisme le 2 janvier à l’église catholique de Nagra, un village près de Cambay, et 15 autres auraient été à leur tour obligés de se convertir lors d’une célébration organisée par l’école Saint-Xavier de Cambay, le 12 février. Précisant que ces mineurs appartenaient tous à la caste dalit des tisserands, le Forum a indiqué qu «au moins 12 d’entre eux, pensionnaires à l’école Saint-Xavier, avaient été convertis sans que leurs parents en aient eu connaissance», étant donné que l’autorisation du responsable de district n’avait pas été sollicitée, comme l’exige le Freedom of Religion Act.

Des enfants chrétiens de naissance

Les trois prêtres de l’Eglise catholique de Cambay, entendus mardi 27 mars par la police locale, ont vigoureusement récusé ces allégations. «Tous les enfants dont les noms ont été mentionnés sont chrétiens depuis leur naissance, ce qui exclut de fait une quelconque conversion», ont-ils expliqué, ajoutant que les parents étaient tous présents aux cérémonies auxquelles assistaient leurs enfants. Les cérémonies incriminées étaient en réalité des célébrations au cours desquelles les enfants et les adolescents avaient reçu, non pas le baptême puisqu’ils étaient déjà catholiques, mais les sacrements de première communion et de confirmation.

Pour Sajan George, président du Global Council of Indian Christians (GCIC), une ONG qui lutte contre les persécutions antichrétiennes en Inde, «le discours de l’hindutva qui identifie l’hindouisme à la nation indienne se propage aujourd’hui comme un virus (…) et la communauté chrétienne est chaque jour plus vulnérable». Dénonçant le fait que les «extrémistes jouissent de la protection des autorités» dans cet Etat où plus de 80 % de la population est hindoue, le président du GCIC souligne la «totale impunité des assaillants» et la certitude pour les victimes que leur préjudice ne sera jamais reconnu.

Le Gujarat, qui est l’un des six Etats de l’Union indienne à avoir adopté une loi anti-conversion, est gouverné depuis 2001 par le Bharatya Janata Party (Parti du peuple indien, BJP). Ses dirigeants sont régulièrement fustigés pour leur inaction voire leur complicité dans les vagues de violences récurrentes et les pratiques discriminatoires exercées par les hindouistes à l’encontre des musulmans et des chrétiens. (apic/eda/mp)

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