Vers un regroupement des disciples de saint François à Fribourg?
Fribourg, 5 avril 2012 (Apic) Le ministre général des Cordeliers, le Père Marco Tasca, était à Fribourg le 4 avril 2012. Sa venue coïncidait avec le premier coup de pioche des travaux de rénovation du couvent de la rue de Morat. Rencontre chaleureuse, aux accents romains, pour évoquer le devenir des disciples de François d’Assise, en Suisse.
Cheveux grisonnants coupés courts, le regard direct et perçant derrière ses lunettes, le ministre général des Cordeliers scrute avec bienveillance et attention son interlocuteur. En s’avançant sur son siège, il crée immédiatement un climat de confiance, d’intimité et de complicité. Dans un italien chantant, il répond sans détours, assisté du délégué général pour la Suisse, le Père Vincenzo Cosatti.
«Les Cordeliers ont une grande histoire à construire à Fribourg, aujourd’hui», déclare sans ambages le 119e successeur du ’poverello’ d’Assise. Son déplacement de Rome pour un coup de pioche et l’investissement de 3,7 millions de francs de la communauté témoignent de l’importance que le ministre général accorde au couvent dit de «La Sainte Croix». Sa présence le 4 avril dans la cité des Zähringen vient confirmer ses Frères dans leur «oui» à prononcer ensemble, pour relever ce nouveau défi.
«Ici nous jouons toutes nos cartes, précise-t-il. Le grand défi est de donner un projet pour le futur. Nous sommes invités à relever le défi de la nouvelle évangélisation et de l’annonce de la foi, aujourd’hui». Pour le concrétiser, le Père italien prône le recours à la «fantaisie»: «Nous devons inventer quelque chose de nouveau, comme l’ont fait les Frères avant nous».
Pour le ministre général, nouveauté ne signifie nullement oubli de la tradition. Au contraire, «je la vois en vivant notre charisme»: en cherchant ensemble dans la fraternité, en témoignant à l’autre qu’il est plus important que moi et en participant à la réalité sociale et ecclésiale, dans une vie conventuelle et solidaire. C’est «le plus beau cadeau que nous puissions faire à l’Eglise locale. Si nous ne le donnons pas nous, l’Eglise est plus pauvre».
Le manque de vocations rappelle, chaque jour, cette pauvreté que vit l’Eglise en ce début du 21e siècle. Le petit nombre de Frères de la rue de Morat (sept), dont l’âge se situe entre 36 et 85 ans, oblige les responsables internationaux et nationaux à envisager la fermeture des deux autres couvents de Suisse, celui de Flüeli-Ranft et celui de Choulex/Genève. «Ce projet est dans notre ligne de mire depuis quelques années. Nous voudrions rassembler nos forces, relève le Père Cosatti. Fribourg occupe une place primordiale (et historique, ndlr) par rapport aux deux autres couvents. Leur fermeture est en discussion, mais rien n’est encore décidé».
Pour redynamiser la communauté fribourgeoise, le Père Cosatti compte beaucoup sur la restauration et la création de nouveaux espaces. «Il nous est offert de transmettre un état d’esprit, une manière d’être, une présence, qui devraient être à l’image de saint François d’Assise».
En vue d’apporter du sang neuf, la Custodie de Suisse s’unira avec celle d’Autriche, le 13 juin prochain, fête de saint Antoine de Padoue. La tradition d’avoir des étudiants étrangers en théologie à Fribourg est à nouveau à l’ordre du jour. Un Frère polonais grossira bientôt les rangs. «Si ces étudiants souhaitent rester chez nous, ils pourront pratiquer et vivre leur vie franciscaine en Suisse», note le délégué général pour la Suisse.
Investir de l’argent et des Frères en un projet ne suffit pas à résoudre la situation. Conscient, le ministre général invite ses Frères à croître dans la beauté. Car elle seule attire. «Il suffisait de regarder saint François d’Assise pour comprendre que sa vie était belle», d’une beauté toute intérieure qui vient d’ailleurs, conclut le Père Tasca. (apic/ggc)
Les œuvres caritatives: L’association «Table ouvre-toi» distribue de la nourriture aux familles les jeudis. L’accueil Caritas du samedi matin, en collaboration avec d’autres couvents, offre de la nourriture et de petites aides pécuniaires. «Suisse migrants» accorde aux migrants des conseils juridiques gratuits.
Des espaces sont à disposition pour la pastorale, notamment avec le centre missionnaire.
Le centre d’accueil: La maison proposera d’ici quelques années 50 à 60 chambres pour les étudiants. Un gîte pour les pèlerins sera également offert à l’espace St Jacques et un lieu pour vivre une retraite de quelques jours, avec accès partiel au jardin.
Un lieu d’accueil, écoute, échange pour un dialogue pastoral est déjà sur pied. Des personnes de formations différentes sont à disposition pour parler des défis, évoquer une situation difficile, chercher des solutions, accompagner une crise de la foi ou clarifier une relation.
Un rôle historique et socio-culturel est joué par son église qui contient de nombreuses œuvres d’art et par son futur centre des écrits et de documentation, avec une salle de lecture publique. (apic/ggc)
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