Rome: Appel du prédicateur de la Maison pontificale aux auteurs de «délits atroces»
Rome, 6 avril 2012 (Apic) Prêchant devant Benoît XVI lors de la célébration de la Passion du Christ, dans l’après-midi du 6 avril 2012 au Vatican, le Père Raniero Cantalamessa a particulièrement appelé les auteurs de «délits atroces» à confesser leurs fautes, en particulier les délits contre «des enfants innocents».
Dans l’homélie prononcée au cours de l’office du Vendredi saint dans la basilique Saint-Pierre, le prédicateur de la Maison pontificale a cité en exemple l’»excellent théologien» qu’était le bon larron crucifié aux côtés du Christ.
«Dieu seul, s’il souffre, souffre en innocent absolu», a ainsi affirmé le prédicateur de la Maison pontificale, selon lequel tout autre individu qui souffre doit dire: «Pour moi, c’est juste». En effet, même sans être responsable de l’action qui lui est reprochée, l’homme n’est jamais tout à fait sans faute, a estimé le Père Cantalamessa, avant de procéder à cette nuance: «Seule la souffrance des enfants innocents ressemble à celle de Dieu et c’est pourquoi elle est si mystérieuse et si sacrée».
Le Père capucin a alors déploré le nombre de «délits atroces» restés, ces derniers temps, sans coupables, des affaires irrésolues. Le Père Cantalamessa n’a pas été plus explicite. Ces «délits atroces» peuvent se rapporter aux actes commis à l’encontre des plus faibles que l’Eglise condamne vivement comme la pédophilie ou encore les attaques contre la vie naissante telles que l’avortement.
Selon certains observateurs, il n’est pas impossible que le Père Cantalamessa ait voulu faire allusion à «l’affaire Emanuela Orlandi», du nom de la fille d’un employé du Vatican disparue mystérieusement en 1983 à l’âge de 15 ans. Une affaire pour laquelle la famille Orlandi continue de réclamer des éclaircissements à l’Eglise.
De même que le «bon larron» de l’Evangile appelait les responsables à l’imiter et à confesser leur faute, le Père Cantalamessa a ensuite évoqué les nombreux accusés qui, après avoir avoué leur faute, peuvent confirmer «qu’ils sont passés de l’enfer au paradis le jour où ils ont eu le courage de se repentir et de confesser leur faute». Ce paradis promis, a-t-il ajouté, «est la paix de la conscience, la possibilité de se regarder dans un miroir ou de regarder ses enfants sans devoir se mépriser».
Comme le veut la tradition, la célébration de la Passion du Christ était l’occasion, au cours de la prière universelle, de prier pour le salut de toute l’humanité, en particulier pour l’unité des chrétiens, les juifs, les non-croyants ou encore les gouvernants.
Puis Benoît XVI a présidé le rite de vénération de la croix du Christ. Après avoir montré la croix en bois aux fidèles, il a quitté les insignes de son pontificat – ses chaussures rouges, sa calotte blanche et sa chasuble -, avant d’embrasser les pieds de ce crucifix, suivi par de nombreux cardinaux, évêques, prêtres, religieux et par quelques laïcs. A plusieurs reprises, le pape de bientôt 85 ans a été aidé par ses cérémoniaires pour monter et descendre les marches.
Le pape a présidé cette célébration de la Passion du Seigneur entouré de nombreux cardinaux et évêques. Dans la soirée, il devait ensuite se rendre au Colisée, au cœur de Rome, pour présider le traditionnel Chemin de Croix. (apic/imedia/cp/be)
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