Rome : L’obscurité sur Dieu et les valeurs menace l’homme et le monde

Veillée pascale sous le signe de la lumière qui attire vers Dieu et le bien

Rome, 8 avril 2012 (Apic) « L’obscurité sur Dieu et sur les valeurs est la vraie menace pour notre existence et pour le monde en général », a soutenu Benoît XVI dans la soirée du 7 avril 2012, lors de la veillée pascale, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. Au cours de cette célébration, le pape, qui a administré les sacrements du baptême, de la confirmation et de la première communion à 8 catéchumènes, a en outre regretté que l›homme, qui désormais connaît bien les choses matérielles, ne parvienne en revanche plus à identifier Dieu et le bien, rapporte I.MEDIA.

Dans son homélie, le pape a d›abord rappelé que le récit de la création, «d’une façon symbolique, commençait par la création de la lumière ». Le fait que Dieu ait créé la lumière « signifie que Dieu a créé le monde comme lieu de connaissance et de vérité, lieu de rencontre et de liberté, lieu du bien et de l’amour ». Avec la résurrection de Jésus, la lumière elle-même est créée de façon nouvelle. Le Christ, en effet, « nous attire tous derrière lui dans la nouvelle vie de la résurrection et vainc toute forme d’obscurité ».

Benoît XVI s›est longuement étendu sur le concept d›obscurité, menaçante pour l’homme dans la mesure où ce dernier « est capable de voir et de rechercher les choses tangibles, matérielles, mais il ne voit pas où va le monde et d’où il vient, où va notre vie elle-même, ce qu’est le bien et ce qu’est le mal ».

Le pape a alors expliqué en particulier que « l’obscurité sur Dieu et sur les valeurs est la vraie menace pour notre existence et pour le monde en général ». Et d›avertir : « Si Dieu et les valeurs, la différence entre le bien et le mal restent dans l’obscurité, alors toutes les autres illuminations, qui nous donnent un pouvoir incroyable, ne sont pas seulement des progrès, mais aussi des menaces qui mettent en péril nous-mêmes et le monde ».

Etoiles

« Aujourd’hui, a constaté Benoît XVI, nous pouvons illuminer nos villes d’une façon tellement éblouissante que les étoiles du ciel ne sont plus visibles. N’est-ce pas une image de la problématique du fait que nous soyons illuminés ? ». « Sur les choses matérielles nous savons et nous pouvons beaucoup, mais ce qui va au-delà, Dieu et le bien, nous ne réussissons plus à l’identifier », a regretté le pape.

Ce n›était pas la première fois que Benoît XVI avait recours à une métaphore astronomique pour parler de la disparition de Dieu dans la société contemporaine. Ainsi, le pape avait parlé d› « éclipse de Dieu » à l›occasion des Journées mondiales de la jeunesse à Madrid, en août 2011.

Benoît XVI a aussi évoqué un détail de l’Exultet, que le diacre chante au début de la liturgie du Samedi saint : la cire du cierge pascal, produite en premier lieu par le travail des abeilles. Selon la pensée des Pères de l›Eglise, a expliqué le pape, « la coopération de la communauté vivante des fidèles dans l’Eglise est presque semblable à l’œuvre des abeilles ». Il a aussi vu « dans la cire un rappel fait à nous-mêmes et à notre communion dans la communauté de l’Eglise, qu’elle existe afin que la lumière du Christ puisse illuminer le monde ».

Huit catéchumènes

La veillée pascale a commencé à 21h00 par la bénédiction du feu et le rite traditionnel de la lumière. Un brasier avait été allumé au centre de l’atrium de la basilique Saint-Pierre. Devant l›assemblée de cardinaux, évêques, prêtres et diacres, le pape a béni ce foyer. Il a ensuite gravé sur le cierge pascal un alpha et un oméga, première et dernière lettres de l’alphabet grec, ainsi que les chiffres de l’année en cours, avant d›enfoncer 5 grains d›encens dans le cierge, symbolisant les plaies du Christ. A l›aide d›une bougie allumée à partir du brasier, Benoît XVI a ensuite allumé le cierge pascal.

Puis le pape a présidé une procession qui a remonté la nef, tandis que s’allumaient les bougies des milliers de fidèles encore plongés dans l’obscurité. Le passage de l’ombre à la lumière symbolise ainsi l’entrée de la lumière, le Christ, dans le monde des ténèbres et du péché.

De nombreux textes bibliques ont ensuite été lus en différentes langues, suivis de l’Evangile de la résurrection. Après l›homélie, huit catéchumènes – cinq femmes et trois hommes – originaires du Turkménistan, d›Italie, d›Albanie, des Etats-Unis, d›Allemagne, de Slovaquie et du Cameroun, devaient ensuite recevoir de Benoît XVI le baptême ainsi que les deux autres sacrements de l’initiation chrétienne que sont la confirmation et la communion. (apic/imedia/cp/js)

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