La Congrégation pour la doctrine de la foi mandate l’archevêque de Seattle
Rome, 19 avril 2012 (Apic) Au terme de trois années d’enquête, la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) va lancer un vaste programme de réforme concernant la principale association de supérieures de congrégations religieuses aux Etats-Unis. Elle entend remédier aux «problèmes sérieux» que posent certaines de leurs positions dans les domaines ecclésial, éthique et social.
Dans une note publiée en partie par Radio Vatican le 19 avril 2012, le dicastère indique que cette initiative a reçu le soutien de Benoît XVI à la mi-janvier 2011, peu après une réunion de la CDF qui soulignait que la situation doctrinale et pastorale actuelle de la ’Leadership conference of women religious’ (LCWR) faisait l’objet d’une «vive préoccupation», notamment à cause de l’influence que l’association exerce sur les congrégations religieuses du monde entier.
La CDF reproche à la LCWR son «absence de soutien aux enseignements de l’Eglise sur l’ordination des femmes et sur l’homosexualité et son silence concernant le droit à la vie de sa conception à la mort naturelle, une question qui fait partie du débat public animé sur l’avortement et l’euthanasie aux Etats-Unis». Le cardinal américain William Levada, président de la Congrégation, lui reproche aussi de ne pas défendre la «conception biblique de la famille et de la sexualité». En revanche, le prélat salue son action dans le domaine de l’assistance aux pauvres.
Sur la base d’un rapport élaboré en 2010 par l’archevêque de Toledo, Mgr Leonard Blair, la CDF a chargé l’archevêque de Seattle, Mgr Peter Sartain, de pourvoir «à l’étude, au conseil et à l’approbation, lorsque cela est nécessaire, du travail de la LCWR». Son mandat durera cinq ans. Il pourra faire appel à l’aide d’évêques et religieuses, et compter sur la collaboration de la Conférence épiscopale des Etats-Unis.
Le cahier des charges prévoit la révision des statuts, des programmes et du déroulement des assemblées générales de la LCWR, ainsi que le lancement d’un programme de formation continue pour les religieuses. L’application des normes et des textes liturgiques pose également problème. Plus largement, il convient d’enrayer l’affaiblissement de la dimension «christologique» et remédier à «de sérieux problèmes doctrinaux».
L’enquête menée par la CDF intervient parallèlement à celle lancée fin 2008 par la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Elle concernait plus largement l’ensemble des instituts religieux féminins aux Etats-Unis. Cette enquête était motivée par des problèmes d’obéissance et de non-respect de la doctrine catholique. Au terme de sa visite apostolique, la religieuse américaine Mary Clare Millea a remis, en décembre 2011, un rapport global de l’enquête aux responsables du dicastère. Le Vatican doit encore publier les conclusions de cette visite.
Fondée en 1956, la ’Leadership conference of women religious’ rassemble des supérieures de congrégations religieuses féminines aux Etats-Unis. Elle compte plus de 1’500 membres, qui gouvernent plus 80 % des 57’000 religieuses américaines. (apic/imedia/cp/ggc)
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