Rome: Une commission cardinalice enquêtera sur les fuites au Vatican

Faire la lumière sur ’Vatileaks’

Rome, 25 avril 2012 (Apic) Benoît XVI a chargé une commission de faire «toute la lumière» sur les récentes fuites de documents confidentiels provenant du Vatican, a indiqué la Secrétairerie d’Etat dans un communiqué, le 25 avril 2012. Composée de trois cardinaux, cette commission s’est réunie la veille, pour la 1ère fois, afin de déterminer son mode de fonctionnement.

«Suite à la récente divulgation à la télévision, dans la presse et d’autres médias, de documents protégés par le secret professionnel, le pape a établi la constitution d’une commission cardinalice pour mener une enquête faisant autorité, afin de faire toute la lumière sur de tels évènements», a indiqué le communiqué. La commission s’est réunie le 24 avril «pour établir sa méthode et un calendrier de travail».

Composition de la commission

Le pape a nommé au sein de la commission trois cardinaux de plus de 80 ans: le cardinal Juliàn Herranz, désigné président, et les cardinaux Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi. L’Espagnol Juliàn Herranz a dirigé la Commission disciplinaire de la curie romaine et du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs. Le Slovaque Jozef Tomko, ancien préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, a été à la tête de la section doctrinale du Saint-Siège, dans les années 1960. L’Italien Salvatore De Giorgi a été archevêque de Palerme, de 1996 à 2006. Tous les trois résident à Rome.

En mars dernier, le substitut de la Secrétairerie d’Etat avait déjà indiqué, dans les colonnes de «L’Osservatore Romano», qu’une «commission supérieure» avait été chargée par le pape de faire toute la lumière sur ces fuites. Mgr Angelo Becciu avait également mentionné l’existence d’une enquête concernant tous les organismes du Saint-Siège, ouverte par la Secrétairerie d’Etat, et dont le volet pénal était suivi par le promoteur de Justice du Tribunal du Vatican, Nicola Picardi.

Fuites en cascade

Depuis la fin du mois de janvier, plusieurs vagues de fuites de documents confidentiels ou présentés comme tels avaient terni la réputation du Vatican. Il avait d’abord été question de ’l’affaire Viganò’, avec la publication de lettres dans lesquelles l’ancien secrétaire du Gouvernorat accusait le petit d’Etat du Vatican d’être en proie à une mauvaise gestion et des malversations.

Début février, le Saint-Siège avait dû rejeter les accusations portées par la presse italienne. Elle affirmait que le Vatican n’aurait pas voulu collaborer avec la justice de la Péninsule dans le cadre d’une enquête concernant une affaire de blanchiment d’argent en provenance de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR). Peu après, un quotidien italien avait publié un document confidentiel à l’intention de Benoît XVI, contenant des informations sur un «complot» visant à préparer un attentat contre le pape, une hypothèse jugée «délirante» par le ’porte-parole’ du Saint-Siège. L’existence de ce document, cependant, n’était pas mise en doute. (apic/imedia/ami/mm/ggc)

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