«Il était nécessaire que le pape s’exprime à ce sujet»

Rome: Le cardinal Koch salue la mise point du pape sur ’l’appel à la désobéissance’ autrichien

Rome, 26 avril 2012 (Apic) Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a estimé nécessaire la réaction de Benoît XVI, lors de la messe chrismale du 5 avril 2012, à ’l’appel à la désobéissance’ lancé en juin 2011 par des prêtres autrichiens. Selon le cardinal Kurt Koch, interrogé par l’hebdomadaire italien «Tempi» du 26 avril 2012, tous les signataires ne sont pas d’accord avec l’ensemble des revendications qui tendent à une libéralisation de l’Eglise.

«Il était nécessaire que le pape s’exprime à ce sujet», confie le chef de dicastère, ajoutant: «naturellement, il l’a fait à sa façon, claire mais très gentille, (…) surtout il l’a fait dans le contexte de la messe chrismale, où les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales, dont celle de l’obéissance».

Interrogé sur l’extension aux pays germanophones – Allemagne, Autriche, Suisse – de la contestation, le prélat explique que ces pays ont «reçu le Concile Vatican II de façon très particulière, en accueillant surtout l’interprétation qu’en a fait Hans Küng, relayée par beaucoup de médias». Dans le monde germanophone, poursuit le cardinal Koch, on a assisté principalement «à la diffusion de l’idée de Küng selon laquelle le Concile constituerait un acte de rupture avec la tradition de l’Eglise et non d’évolution de celle-ci». Selon lui, «c’est sur cette interprétation que se basent les agitations actuelles».

’L’appel à la désobéissance’

Le cardinal est conscient que «de nombreux prêtres sont très inquiets à cause des problèmes de la pastorale dans la société contemporaine», ajoutant qu’il comprend ces inquiétudes. Il estime néanmoins que tous les signataires de la ’Pfarrer-Initiative’ ne sont pas d’accord avec toutes les conséquences qu’implique l’appel des prêtres autrichiens.

’L’appel à la désobéissance’’ (Aufruf zum Ungehorsam) a été lancé le 19 juin 2011 par le mouvement ’Pfarrer-Initiative’. Ce dernier est né en 2006, en Autriche, sous l’impulsion de l’ancien vicaire général du diocèse de Vienne, le Père Helmut Schüller. Jusqu’à ce jour, le texte a été signé par quelque 400 prêtres et diacres autrichiens, soit un dixième du clergé du pays. Il rencontre aussi un certain succès en Allemagne, en Suisse, en France et en Irlande. Les signataires y déplorent en particulier l’impossibilité pour les personnes divorcées et remariées d’accéder au sacrement de la communion. Ils prônent également le mariage des prêtres, un engagement plus large des laïcs dans la liturgie, ou encore l’ordination sacerdotale des femmes.

Hommage à Rowan Williams, archevêque de Canterbury

Dans cette interview à «Tempi», le prélat suisse rend hommage à Rowan Williams, archevêque de Canterbury et chef de l’Eglise anglicane jusqu’à la fin de l’année, avec lequel il entretient de «très bonnes relations œcuméniques». Il souligne l’existence d’une «grande harmonie sur les fondements de la foi» qui s’est dégagée lors de sa visite au Vatican, en mars 2012. (apic/imedia/cp/ggc)

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