«Je revendique une identité de l’ouverture, du chemin, de la quête»

Genève: Le regard du pasteur Virgile Rochat sur la crise des Eglises protestantes

Genève, 2 mai 2012 (Apic) Les Eglises protestantes historiques sont en crise, voire menacées de disparition. Tel est le diagnostic posé aujourd’hui par certains sociologues des religions, théologiens et pasteurs. Virgile Rochat, auteur du livre «Le temps presse! Réflexions pour sortir les Eglises de la crise», se livre à cœur ouvert à la journaliste Patricia Briel dans le quotidien romand «Le Temps» du 2 mai 2012.

La durée de vie des Eglises protestantes historiques est de 10-15 ans, si rien n’est entrepris. Pour établir ce constat, le pasteur vaudois Virgile Rochat s’appuie sur l’âge moyen des pratiquants d’aujourd’hui. A ses yeux, les Eglises protestantes ont raté le virage des années 60. «On est passé d’une société de contrainte à une société où il faut se vendre, où il faut convaincre… Les Eglises travaillent sur les symptômes, elles gèrent de manière administrative un problème qui ne peut pas être géré seulement de cette façon. Nous assistons à une fin de règne, mais le diagnostic est rarement accepté».

Pourtant, le christianisme a encore toute sa raison d’être. Par exemple face à la difficulté à être simplement humain – la société encourage à exceller en tout –, «il nous rend à notre humanité. Il dit que Dieu s’est fait homme pour rejoindre celui-ci dans ses préoccupations». Mais une adaptation s’impose pour combler le décalage qui existe entre les Eglises historiques et la réalité culturelle. Virgile Rochat propose de «revisiter certains contenus et formes théologiques du christianisme», en s’inspirant de «l’intuition» du message (son expression) et en le transcrivant dans un langage compréhensible pour l’homme contemporain. «Les Eglises doivent apprendre à ne plus ’faire pour’ mais à ’être avec’». Elles doivent rencontrer les gens, les écouter, discerner leurs besoins, afin d’y répondre. Concrètement, le pasteur Rochat suggère de «trouver un plus petit dénominateur commun qui permette au grand nombre de se sentir concerné». Il le conçoit dans «une simplification de la liturgie», où une place plus importante est accordée au «silence et à la beauté». Il souhaite aussi «revaloriser la corporéité ainsi que les émotions».

Les éléments d’une identité réformée

A la question «Quels sont les éléments d’une identité réformée?» de Patricia Briel, Virgile Rochat répond: «Les Eglises doivent se montrer accessibles, ouvertes et non jugeantes, et devenir des Eglises de service public». Le pasteur vaudois «revendique une identité de l’ouverture, du chemin, de la quête… en route vers le but, sans jamais le posséder». Il y voit une concrétisation dans la communauté de Taizé. Ce type d’offre pourrait intéresser le 80% des gens non engagés dans les mouvements religieux. (apic/letemps/pb/ggc)

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