Rome : Prestation de serment des nouveaux Gardes suisses le 6 mai

Un uniforme inspiré des fresques de Raphaël

Rome, 3 mai 2012 (Apic) Comme de coutume, de nouveaux gardes suisses prêteront serment le 6 mai 2012 au Vatican. Cette date commémore la résistance des gardes pour la défense du pape Clément VII (1523-1534), lors du ›sac de Rome’ par les troupes de Charles Quint, le 6 mai 1527. Lors de la prestation de serment, les 26 nouvelles recrues de la plus petite armée du monde seront vêtues d’un uniforme flambant neuf. Cette tenue bleue, jaune et rouge est reconnaissable entre toutes. Mais contrairement à la légende, son créateur n’est pas le peintre italien Michel-Ange.

Avec ses rayures colorées, des manches et un pantalon bouffants, l’uniforme des gardes suisses est porté uniquement pour les grandes occasions en présence du pape ou par les hallebardiers surveillant les principales entrées du Vatican. Les gardes possèdent un deuxième vêtement pour le service ordinaire, appelé ›petite tenue’, entièrement bleu avec un col blanc, et sont coiffés d’un béret ›alpin’.

En fait, le célèbre uniforme utilisé lors des grandes occasions, de style renaissance, est l’œuvre d’un commandant de la garde, le Fribourgeois Jules Repond, qui s’inspira des fresques de Raphaël. Il créa ainsi autour de 1910 la tenue que l’on peut voir encore aujourd’hui. Elle doit ses couleurs bleu et jaune à la famille Della Rovere, dont descendait le pape Jules II (1503-1513), fondateur de la garde en 1506. Le rouge fut ajouté par son successeur, Léon X (1513-1521), pour évoquer les Médicis. Les tambours et les fifres portent les couleurs jaune et noir des livrées de la famille Pfyfer von Altishofen qui donna 11 des 32 commandants de la garde.

En tenue dite de «gala», les officiers de la Garde suisse pontificale revêtent un uniforme de velours amarante tandis que les sous-officiers se distinguent des officiers par un pourpoint à bandes noires. En «tenue de grand gala», tous portent la cuirasse et le casque, ou morion, sur lequel est gravé un chêne qui rappelle les armoiries de la famille des Della Rovere. Le casque est surmonté d’un plumet dont la couleur change selon le grade.

Chaque tenue est créée sur mesure dans les ateliers du tailleur Ety Cicioni, et béni par le pape. Lorsqu’un garde finit son service, son uniforme est détruit au hachoir afin d’éviter toute utilisation abusive.

Des origines lointaines

En 1506, rien de distinguait les premiers gardes suisses des autres soldats au service du pape. L’uniforme militaire n’existait pas encore. On sait seulement que ces gardes étaient vêtus et chaussés aux frais du pape et portaient probablement, brodée sur la poitrine, la croix blanche suisse ou les deux clefs pontificales croisées.

Les bandes de tissus multicolores cousues seulement à leurs extrémités sur l’uniforme proviennent du Moyen Age lorsque les ›condottieri’, mercenaires italiens, les utilisaient pour distinguer une compagnie d’une autre par la couleur des bandes. (apic/imedia/mp)

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