«Ce n’est rien moins qu’un miracle», selon l’Eglise catholique

Philippines: Le gouvernement reconnaît la croissance démographique comme un bienfait

Manille, 4 mai 2012 (Apic) Les évêques catholiques se sont réjouis d’une déclaration gouvernementale reprise le 2 mai par les médias locaux selon laquelle la croissance démographique du pays, jusqu’alors présentée comme une des causes de la faible vitalité nationale, soit désormais perçue comme un bienfait pour l’économie du pays.

Selon le Père Melvin Castro, secrétaire exécutif de la Commission épiscopale pour la famille et la défense de la vie, «ce n’est rien moins qu’un miracle» que de voir le gouvernement adopter une approche plus conforme aux desseins pro-vie défendus par la doctrine sociale de l’Eglise. En opposition ouverte au président Benigno Aquino III, qui tente depuis de nombreux mois de faire passer au Parlement une loi sur «la santé reproductive», des évêques catholiques ont salué le changement de ton de l’équipe au pouvoir, rapporte l’agence «Eglises d’Asie». Pour Mgr Camilo Gregorio, évêque de Batanes, «on ne peut que se réjouir que le gouvernement perçoive ainsi les choses», même s’il est difficile de comprendre la cohérence du discours d’une administration qui reconnaît aujourd’hui une valeur positive à la croissance de la population après avoir soutenu la nécessité de contrôler cette même croissance. Connu pour avoir souvent croisé le fer avec le gouvernement sur le sujet, Mgr Teodoro Bacani, évêque émérite de Novaliches, s’est dit quant à lui heureux que les dirigeants du pays réalisent enfin qu’une population en croissance était un atout pour l’économie nationale.

C’est en conseil des ministres que le président Aquino a affirmé que la croissance économique était liée à la croissance démographique. Le gouvernement des Philippines, a-t-il déclaré, s’attend à sentir des effets positifs sur la croissance du PIB lorsque les Philippins en âge de travailler représenteront la majorité de la population, soit en 2015 à en croire les projections de l’Office national des statistiques.

Avec une population de 92,33 millions d’habitants en 2010, les Philippines connaissent encore une pyramide des âges en forme de triangle, la population active devant subvenir aux besoins d’une large base constituée de classes d’âge jeunes. Toutefois, contrairement à l’idée commune selon laquelle la population des Philippines connaîtrait une croissance explosive, le taux de croissance a fortement ralenti. Il était de 2,36 % en 2000, il n’est déjà plus que de 1,82 % en 2010. Une importante chute de l’indice de fécondité a accompagné ce ralentissement: s’il était de 6 enfants par femme en âge de procréer en 1975, il n’était plus qu’à 3,41 en 2000 et était tombé à 2,96 en 2010.

Le changement de ton de l’administration Aquino semble avoir été influencé par une étude publiée en février 2012 par la banque HSBC. Selon ce document, si les Philippines figurent aujourd’hui au nombre des Etats dits «à revenu intermédiaire» et voient plus d’un quart de leur population vivre sous la ligne de la pauvreté, le pays devrait en 2050 se classer au seizième rang des plus importantes économies dans le monde. A cette date, les Philippines auraient donc dépassé bien des pays de la région, y compris Singapour, dont l’actuel dynamisme économique pourrait tarir du fait d’une dénatalité prononcée. (apic/eda/bb)

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